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Psychologue auprès des victimes, Hélène David se souvient

TVA Nouvelles

La députée libérale de Marguerite-Bourgeoys, Hélène David, se souviendra toujours des jours qui ont suivi la tuerie à l’École Polytechnique. 

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Alors psychologue à l’Université de Montréal, elle était intervenue directement auprès des victimes de la tragédie et du grand public.  

«C’était terriblement émouvant. Avec l’Ordre des psychologues du Québec, on avait mis sur pied des lignes ouvertes pour donner des conseils de base, mais ce qui était le plus important, c’était l’écoute et que les gens puissent parler », a-t-elle raconté. 

Mme David, qui était enceinte de deux mois au moment du drame, avait aussi fait plusieurs interventions dans les médias québécois pour l’Ordre des psychologues du Québec.  

Elle se rappelle des funérailles des victimes qu’elle avait commentées en direct sur les ondes de TVA avec Pierre Bruneau : «(...) c’était d’une émotion absolument incroyable. Je vais toujours me souvenir de ces moments-là». 

«Je me disais que ça ne se pouvait pas»  

«Il était temps qu’on le dise que c’étaient des meurtres qui visaient les femmes (...) Ça pris 30 ans à ce que, collectivement, on reconnaisse ce féminicide, et je m’inclus là-dedans parce que je me réécoutais dans ces années-là (et) sur le coup je me disais que ça ne se pouvait pas», a-t-elle reconnu.   

«Elle avait finalement raison» 

L’ancienne ministre de la Culture a également avoué que les événements du 6 décembre ont souvent été un sujet de discorde entre elle et sa sœur, l’ancienne porte-parole de Québec solidaire et députée de Gouin, Françoise David. 

«Les discussions les plus fortes que j’ai eues avec elle, et je les regrette maintenant aujourd’hui parce que j’ai changé d’idées et je trouve qu’elle avait finalement raison, étaient à propos de Marc Lépine dans les années 1990. Moi, je continuais à prétendre que c’était une question de santé mentale et plus j’ai avancé dans la vie, plus je me suis aperçue qu’il s’agissait de meurtres en série contre les femmes», a-t-elle confié.  

«Aucun sens logique» 

Le 7 décembre 1989, au lendemain de la tragédie, Mme David avait accordé une entrevue à TVA Nouvelles pour développer sur l’impact psychologique que l’événement aurait pour les témoins et les proches des victimes. 

Il avait alors été question du sentiment de culpabilité que certains d’entre eux pouvaient ressentir.  

 

 

«Il ne faudrait pas que les filles se sentent coupables, mais les garçons également. Il faut insister. Être un garçon voir sa collègue mourir, parce qu’elle est une fille, et lui survivre, parce qu’il est un garçon, ça ne fait aucun sens logiquement», avait-elle alors expliqué. 

Elle avait aussi lancé un appel à la direction de l’École Polytechnique afin d’organiser des groupes de soutien aux étudiants. «Ça va être très difficile. Il va falloir que l’école Polytechnique face un effort et (organise) des groupes d’entraide entre les étudiants et avec les professeurs», avait-elle.  

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