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Un couple tué après un cours de conduite

Frédérique Giguère | Journal de Montréal

L’adolescente morte dans un accident de voiture mercredi soir aux côtés de son copain, sur la route 138 à Sainte-Martine, revenait de son cours de conduite lorsque la collision est survenue.  

En début de soirée, la mère d’Anaïs Primeau­­­, 16 ans, était allée l’accompagner à son école de conduite située à Mercier, en Montérégie. C’est son petit-ami de 19 ans qui est allé la chercher afin de la ramener chez elle. 

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À quelques kilomètres de la résidence de la jeune fille, Samuel Roy a perdu la maîtrise de sa Honda Civic alors qu’il circulait en direction ouest sur la route 138. Son véhicule en a alors heurté un autre, qui arrivait en sens inverse.  

Samuel et Anaïs ont subi de graves blessures. Ils ont été conduits à l’hôpital, où leur décès a été constaté.  

Le conducteur de l’autre véhicule impliqué a également été blessé, mais on ne craint pas pour sa vie.  

Comme la chaussée était glacée, la Sûreté du Québec envisage fortement l’hypothèse que le véhicule des victimes ait pu déraper. Il faudra toutefois attendre le résultat de l’enquête pour en avoir le cœur net, mais la vitesse ne serait pas en cause.  

Anaïs Primeau et Samuel Roy étaient ensemble depuis un an et s’aimaient comme des fous, selon leurs proches.

Photo courtoisie

Anaïs Primeau et Samuel Roy étaient ensemble depuis un an et s’aimaient comme des fous, selon leurs proches.

Dévastée  

Le cœur en miettes, la mère de l’adolescente a confié hier au Journal que si le ministère des Transports avait écouté les résidents avant, sa fille serait possiblement toujours vivante.  

La femme implore le ministère des Transports d’entreprendre des actions pour sécuriser ce dangereux tronçon.  

« Il faut que ça arrête, lance Johanne Duquette, incapable de cesser de pleurer. Ça, c’est la fois de trop et il aurait fallu y penser avant. C’est une tragédie de penser que ça prend des situations comme celle-là pour que quelqu’un décide de faire quelque chose. »  

La famille de Samuel Roy est tout aussi atterrée à la suite du drame.  

« J’ai perdu mon petit frère, et y’a rien qui pourra le remplacer, mais il faudrait au moins faire en sorte que d’autres familles ne se retrouvent pas avec notre peine, lance Gabriel Roy. Il faut éviter d’autres victimes à tout prix. »  

Les deux victimes formaient un couple depuis bientôt un an et ils étaient très attachants et complètement fusionnels, selon leurs proches.  

Ils étaient flamboyants et ils avaient la tête pleine de projets pour l’avenir, selon Gabriel Roy, qui espère que leur vie n’aura pas été sacrifiée pour rien.  

Mes petits quétaines  

« Je les appelais mes petits quétaines, ils étaient comme un vieux couple, comme si la routine s’était installée. Ils étaient tellement heureux et beaux ensemble », évoque Ghislaine Demers, la meilleure amie de la mère de l’adolescente, qui considérait Anaïs comme sa deuxième fille.  

La dame s’est d’ailleurs rendue à l’hôpital peu de temps après l’accident pour épauler son amie.  

« Anaïs était couchée et elle ne semblait presque pas blessée, elle était toute belle. Tu n’aurais pas pu croire qu’elle avait eu un accident, décrit Mme Demers. On aurait dit un ange qui dormait. »  

Les citoyens veulent que ça change  

François Bonnardel, Ministre

Photo Agence QMI, Simon Clark

François Bonnardel, Ministre

Plus de 23 000 personnes ont signé hier une pétition demandant l’intervention du ministère des Transports pour améliorer la sécurité sur la route 138 à la suite de l’accident mortel de Sainte-Martine.  

« Pour moi, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase », lance Sylvain Lacoursière, un jeune résident de cette municipalité qui emprunte ce chemin chaque jour pour se rendre au travail.  

L’homme de 19 ans a été touché par le décès de Samuel Roy et d’Anaïs Primeau qu’il connaissait.  

« Je suis un simple citoyen, alors je me suis demandé ce que je pouvais faire pour aider et une pétition m’a semblé être une bonne idée de départ », explique-t-il.  

Il admet avoir été très surpris de voir l’engouement des gens.  

Questionné hier, le ministre des Transports, François Bonnardel, a confirmé qu’il y avait bel et bien un « problème majeur » sur la route 138.  

Le politicien a demandé un rapport complet des accidents des deux dernières années « pour prendre des décisions dans les prochaines semaines sur ce qu’on pourrait faire rapidement pour sécuriser cette portion de la 138 qui est beaucoup trop dangereuse ».  

Des actions  

La mairesse de Sainte-Martine a également réagi hier sur Facebook, en interpellant directement le MTQ.  

« Il est certain que nous réclamons aujourd’hui des actions, comme nous l’avons fait dans le passé, pour s’assurer que ce drame sera le dernier. Les citoyens ont de plus en plus peur de cette route et l’histoire leur donne raison... », peut-on lire sur la page de Maude Laberge.  

De janvier 2018 à novembre dernier, près de 100 collisions causant des blessés sont survenues sur la route 138 à Sainte-Martine et à Mercier, la municipalité voisine, selon la Sûreté du Québec et la police de Mercier.  

 – Avec la collaboration de Vincent Larin