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Un pimp vendait ses victimes plus cher à Québec

Valérie Gonthier | Le Journal de Montréal

Sexy girl with a bag on the street.

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Un proxénète a été reconnu coupable d’avoir forcé quatre filles, dont deux mineures, à se prostituer à Québec, une ville où il pouvait vendre ses victimes à fort prix puisque la concurrence y serait moins grande. 

En 2017, Chris Jose Bick Domond espérait se procurer un véhicule de luxe. Une Mercedes ou une BMW X6. Pour y arriver, il a notamment manipulé, puis amené quatre jeunes femmes à se prostituer. Deux d’entre elles n’avaient que 17 ans.  

Ses armes étaient le charme et la promesse d’un futur à deux.  

Vulnérabilité financière  

Pour l’une d’elles, il a abusé de sa vulnérabilité financière pour l’attirer dans ce milieu. Après avoir accepté d’ouvrir un compte pour un homme qu’elle ne connaissait pas, elle s’est retrouvée à devoir rembourser 2000 $ à la banque.  

Lorsque la jeune femme, dont l’identité (ainsi que celles des autres victimes) est protégée par une ordonnance de non-publication, en a parlé à Domond, ce dernier n’a pas semblé surpris. Et il lui a même proposé rapidement une solution à son problème : vendre son corps.  

 « Il lui dit qu’elle doit rembourser cette somme, et c’est lui qui l’a amenée à penser à la prostitution », a noté la juge Julie-Maude Greffe, de la Cour du Québec, en déclarant l’accusé coupable de neufs chefs d’accusation liés au proxénétisme, la semaine dernière au palais de justice de Longueuil.  

La jeune femme de 18 ans a refusé net. Mais lentement, Domond a tissé sa toile autour d’elle, il lui a parlé de sa « business ».  

La jeune femme a fini par accepter, par amour. Ils se sont ainsi rendus à Québec, la destination de prédilection de l’accusé pour faire travailler ses filles : il y a moins de concurrence et on peut négocier de plus grands prix, répète-t-il.  

À Montréal, il peut demander un maximum de 180 $ par heure, alors qu’à Québec, il peut aller jusqu’à 200 $.  

 Des hommes âgés  

 Une autre des victimes de Domond, âgée de 17 ans, a pour sa part été attirée par le glamour du travail d’escorte. Il lui a promis beaucoup d’argent rapidement, mais il est resté flou sur le rôle d’escorte.  

 «Souper et accompagnement ? » a-t-elle demandé à l’accusé. Il lui a répondu par l’affirmative.  

 Croyant qu’elle se ferait sortir dans de chics restaurants, elle s’est pointée avec plusieurs belles robes.  

 «Arrivée au motel, elle a compris que c’était plutôt de la prostitution », a résumé la magistrate.  

 L’adolescente a en effet dû faire « des clients à la chaîne », « surtout des hommes âgés », même si elle avait demandé à Domond uniquement des jeunes.  

 C’est le père de la jeune femme qui était alors en fugue qui est allé la chercher.  

 « Il a vu les condoms et le lubrifiant sur la table de chevet [de la chambre de motel] », a illustré la juge Greffe.