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Les trains en voie de créer 100 000 emplois

Francis Halin - Le Journal de Montréal

Le Québec s’apprête à vivre « une nouvelle Baie-James » dans l’industrie ferroviaire, qui aura besoin de près de 100 000 cheminots d’ici 10 ans pour déployer son réseau de 6300 kilomètres.  

« C’est la nouvelle Baie-James. On aura besoin de plus de 94 000 travailleurs ces dix prochaines années si le Québec va de l’avant avec sa nouvelle politique », lance le v.-p. génie civil et voirie CSN-Construction, Jean-Luc Deveaux.  

Près de 750 cheminots travaillent déjà à pied d’œuvre pour maintenir le réseau québécois de 6302 km, mais son déploiement devrait créer une nouvelle manne d’emplois dans ce secteur où un poseur de rails gagne environ 35 000 $ par année.  

Pour les régions  

À l’approche du Sommet sur le transport ferroviaire du ministère des Transports du Québec (MTQ), qui se tient lundi à Drummondville, l’ex-député proche de François Legault, François Rebello, plaide pour que les régions aient leur mot à dire.  

« Il y a nécessité d’interconnecter Montréal avec les autres grandes villes du Nord-Est, mais aussi avec nos capitales régionales », insiste le consultant dans le domaine.  

À Bromont, son maire, Louis Villeneuve, qui porte le chapeau de président de l’Alliance du corridor ferroviaire Estrie Montérégie (ACFEM), porte un projet de 300 M$ pour sécuriser et développer le corridor Saint-Jean-sur-Richelieu — Sherbrooke.  

« On demande au gouvernement du Québec de nous donner des budgets pour faire les études de faisabilité et de développement économique », confie l’élu municipal.  

De son côté, le PDG de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec (AITQ), Martin Soucy, salive déjà à l’idée de voir ce mode de transport plus écolo que le camion étendre ses tentacules.   

« On pourrait avoir un train de nuit entre Montréal et New York. Ça serait une belle expérience touristique, en plus d’attirer des touristes ici », dit-il.  

Au Québec, la majorité des voies des chemins de fer appartient à des intérêts privés, comme la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN) ou le Canadien Pacifique (CP).  

« Il faudra aussi que le gouvernement présente un plan d’action concret pour accroître la concurrence dans le ferroviaire au Québec. Ce n’est pas normal que le Québec soit paralysé quand le CN est en grève », conclut François Rebello.