/finance/realestate

Difficile accès à la propriété pour les milléniaux

TVA Nouvelles

Même s’ils gagnent de bons salaires, souvent meilleurs que ceux de leurs parents, les milléniaux ont de plus en plus de difficulté à accéder à la propriété.

C’est ce qui ressort d’un nouveau sondage canadien commandé par le cabinet KPMG. 

Selon les résultats du sondage, 46% des gens âgés entre 23 et 38 ans, donc les milléniaux, pensent qu'accéder à une propriété est un rêve impossible; un rêve pourtant prisé par 72 % des milléniaux sondés.

Le difficile accès à la propriété pour les jeunes est notamment dû à l’endettement personnel plus élevé et à la flambée des prix des maisons et des condos dans de nombreuses villes canadiennes, comme Montréal, Toronto et Vancouver.

«Confrontés à l'envolée des prix des logements, à un niveau d'endettement élevé et au fait que leurs revenus annuels ne couvrent plus qu'une fraction du coût d'acquisition d'une propriété par rapport à ce qui était le cas pour la génération de leurs parents, de nombreux milléniaux considèrent la propriété comme un rêve inaccessible», soutient Martin Joyce, associé et leader national du groupe Services à la personne et services sociaux chez KPMG.

«Ça prend, en moyenne, 13 ans aujourd'hui pour un jeune d'amasser la mise de fonds nécessaire, tandis que c'était autour de six ans il y a seulement quelques années», explique Dominic St-Pierre, vice-président et directeur général de Royal LePage pour le Québec


Le ratio d'endettement des milléniaux est aussi plus élevé que celui de leurs parents, en raison de leurs études plus longues.

C’est la situation que vivent Joëlle et Philippe, un couple de Montréalais qui vit en appartement et qui a perdu espoir de devenir propriétaire dans la métropole. 

«Moi, j'ai encore beaucoup de dettes à rembourser, des dettes d'études. Je n’ai pas fait l'étude du temps qui me reste à payer, mais ça va être difficile. Treize ans, ça se pourrait, oui», estime Joëlle, rencontrée dimanche par TVA Nouvelles.

Et ces 13 années pour accumuler la mise de fonds nécessaire pour l’achat d’une première maison auront des répercussions sur la retraite des milléniaux.

«Les milléniaux disposent de huit années de moins pour préparer leur retraite. Et comme économiser suffisamment pour acheter une propriété maintenant signifie retarder leur épargne-retraite, 65 % des milléniaux craignent de ne pas avoir assez d'économies au moment de leur retraite», ajoute M. Joyce.

Pour accéder à la propriété, c’est près d’un millénial sur deux (46%) qui a reçu une aide financière de ses parents. Le sondage de KPMG révèle également que 38 % des propriétaires croient que la valeur de leur maison va diminuer au fil des ans.

Un expert invite toutefois les jeunes à réviser cette perception.

«La valeur va continuer de s'accroître, et c'est un investissement qui est extrêmement sûr pour les jeunes acheteurs», affirme Dominic St-Pierre, vice-président et directeur général de Royal LePage pour le Québec