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Mike Ward remporte l'Olivier de l'année

Raphaël Gendron-Martin | Le Journal de Montréal

Mike Ward aura vécu une année 2019 en montagnes russes. À peine une dizaine de jours après avoir échoué à convaincre les juges dans son affaire face à Jérémy Gabriel, l’humoriste a été le grand gagnant du 21e gala Les Olivier, dimanche soir. En tout, Ward est reparti avec quatre trophées, dont les prestigieux Olivier de l’année et Meilleur spectacle.  

C’est une soirée en or que Mike Ward a connue dimanche. Après l’avoir remporté dans chacune des trois catégories où il était finaliste, l’humoriste a couronné le tout avec le trophée des trophées, qu’il avait déjà remporté en 2016 : celui d’Olivier de l’année.   

« En humour, on a le droit de rire de tout. La seule chose qui devrait compter, c’est le contexte et l’intention, a dit l’humoriste en référence à son histoire face à Jérémy Gabriel. [...] C’est pour ça que je continue à me battre et que je veux aller en Cour suprême. C’est l’idée d’avoir le droit de faire cet humour-là. La joke n’a rien à voir. Je n’ai rien contre Jérémy Gabriel. »  

Pour son spectacle Noir, Mike Ward a remporté, après cinq one-man-shows en carrière, son tout premier Olivier du Spectacle d’humour de l’année. Dans cette catégorie, Ward a battu au fil d’arrivée Patrick Groulx, Mehdi Bousaidan, Simon Gouache, Alex Perron, Guillaume Wagner et Les Grandes Crues.  

« Merci, ça me touche. D’habitude, je n’ai pas d’émotions, a dit l’humoriste. Je veux remercier Michel Grenier [son gérant]. J’ai eu une couple d’années vraiment rough. Et Michel aussi. Merci d’être là, tu travailles fort. »  

Podcast de l’année  

Un peu plus tôt dans la soirée, Ward était aussi reparti avec la statuette de l’Auteur – Spectacle de l’année. Ce trophée est pleinement mérité pour l’humoriste, qui s’en donne vraiment à cœur joie dans Noir. Avec ses démêlés qu’il a vécus en cour ces dernières années, on sent que Ward n’a plus rien à perdre et il met toutes ses tripes dans ce one-man-show, qu’il a écrit seul.  

Comme si ce n’était pas assez, Ward est une fois de plus reparti avec l’Olivier pour le podcast humoristique de l’année. Cette catégorie, qui existe depuis trois ans, a récompensé à chaque fois le très populaire balado de Ward, Sous écoute. Il faudrait presque que l’équipe des Olivier songe à nommer Ward « immortel » dans cette catégorie si elle souhaite récompenser d’autres balados dans le futur.  

Dans une catégorie très convoitée et où la compétition était féroce, Sam Breton a été sacré Découverte de l’année. Nommé pour une deuxième année consécutive dans cette catégorie, le jeune raconteur a devancé Philippe-Audrey Larrue St-Jacques, Christine Morency, Guillaume Pineault et Arnaud Soly.  

Deux trophées pour Mehdi  

François Bellefeuille, qui a lancé cet automne l’excellent balado 3.7 planètes, a reçu l’Olivier du numéro de l’année, pour Ex-vétérinaire. « Yes, je n’ai pas masturbé un cheval pour rien ! Ouin, ç’a l’air un peu bizarre si tu n’as pas vu le numéro », a-t-il dit.  

Du côté du spectacle meilleur vendeur, c’est Lise Dion qui s’est vue remettre le trophée. L’humoriste, qui n’avait reçu que cette seule nomination pour son dernier spectacle Chu rendue là, a battu P-A Méthot, Mariana Mazza, François Bellefeuille et Louis-José Houde. « Pour les autres qui étaient en nomination, meilleure chance la prochaine fois », a-t-elle lancé.  

Cité quatre fois dimanche, Julien Lacroix a failli repartir bredouille. Mais l’humoriste l’a emporté pour la capsule ou sketch web humoristique de l’année avec L’accident de Julien. Il faut toutefois s’attendre à ce que le jeune comique soit de nouveau nommé aux Olivier l’an prochain, puisque son premier spectacle solo, Jusqu’ici tout va bien, sera éligible.  

Plus tôt dans la journée, lors du Cocktail de l’industrie, Mehdi Bousaidan est de son côté reparti avec les trophées de metteur en scène et concepteur visuel (partagés avec Gabriel Poirier-Galarneau et François Lévesque). Avec son premier spectacle solo visuellement époustouflant, Demain, Bousaidan était presque assuré de l’emporter dans ces catégories, tant sa proposition originale surpassait la compétition.  

Photo Agence QMI, Joel Lemay

« Je veux remercier tout le monde qui m’a envoyé des messages de soutien dans la dernière semaine. Je vous trouve tellement naïfs. Vous ne voyez pas que c’est un stunt pour gagner l’Olivier de l’année. Comme si dans un pays libre, on pouvait emmener quelqu’un en cour pour une joke faite il y a 10 ans. » – Mike Ward