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Un Noël végane au tofu et aux lentilles

Étienne Paré | Agence QMI

Chickpea falafel balls with vegetables

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Pas toujours facile le temps des Fêtes lorsqu'on s'impose un régime sans viande et produits laitiers par conviction. Les véganes assurent toutefois qu'il existe des alternatives aux traditionnels ragoût de boulettes et tourtière.

«Le temps des Fêtes, c’est une occasion de découvrir des choses. Il y a beaucoup de gens qui amènent leur plat dans des "potlock" et ça permet aux autres de se rendre compte que c’est aussi bon», a remarqué An Pham, qui organise depuis deux ans un marché de Noël végane qui se déroulait en fin de semaine à Montréal.

Trinquer au vin végane

Il était notamment possible de boire un vin certifié 100 % végétalien. Car ce n’est pas parce qu’on est végane qu’on ne peut pas abuser des bonnes choses pour Noël!

«Dans la production conventionnelle des vins, il y a certains agents qui peuvent être utilisés pour clarifier le vin qui proviennent de poisson, d’œuf, de bœuf», a expliqué Normand Guénette, copropriétaire du Chat botté, un vignoble d’Hemmingford, en Montérégie.

Soucieux de la cause animale, lui et sa conjointe utilisaient au départ un matériel à base d’argile pour liquéfier leur blanc et leur rouge.

Pour cette étape de la production, ils préfèrent aujourd’hui un dérivé de pomme de terre, ce qui permet à leur cru de se rapprocher des autres vins en bouche.

Amener un repas à part

Chose certaine, les affaires vont très bien pour le Chat botté, fort de l’explosion du nombre d’adeptes du véganisme au Québec.

Mais bien que ce mode de vie soit de plus en plus commun, il continue de susciter des interrogations et des moqueries chez certains carnivores. Autour de la table à Noël, il n’est pas toujours évident de sortir du placard auprès de sa famille élargie.

«Il va falloir que j’amène un repas à part. Avec ma mère, ça va. Avec mononcle, matante, grand-maman, là, ça devient un peu plus compliqué», appréhende Vanessa Beaudry, qui vivra cette année son premier Noël végane.

S’accommoder

Monique Poirier, elle, s’autorise à tricher à ce temps-ci de l’année, malgré ses valeurs profondes.

«J’aime ça encore m’asseoir avec ma mère autour d’un repas réconfortant. C’est une tradition qui reste, mais le lendemain, je paye. Je le sens dans mon corps. Je suis plus raquée et j’ai moins d’énergie», a expliqué celle qui exploite une entreprise d’aliments séchés, 123 Santé.

Végane depuis l’époque où on disait encore simplement «végétarien», Monique Poirier a vu les choses évoluer dans le dernier quart de siècle.

Tout cela l’amène à penser qu’un jour, ce ne sera plus marginal de manger du tofu et des lentilles le soir du Réveillon.

«C’est l’avenir. C’est là pour rester. Un coup que la génération de ma mère et de mes tantes va être partie, pas sûr qu’on va encore manger de la dinde avec des petits rubans rouges», croit-elle.