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Bilan mitigé pour les navettes automatisées au Parc olympique

Jean Balthazard | Agence QMI

Courtoisie

Les navettes électriques automatisées au Parc olympique ont connu plusieurs ratés, selon un bilan sur lequel on vient de mettre la main. Mais son PDG confirme que cette technologie est là pour rester et devrait être déployée de façon permanente dans les prochaines années.

De septembre à décembre 2018, deux petites navettes rouges d’une capacité de 12 personnes ont circulé sur 800 mètres entre le Stade olympique et la station de métro Viau. Ce système de transport était utile pour les usagers qui devaient parcourir le grand et sinueux territoire du quartier olympique.

Même s’il s’est fait sur un réseau privé, le projet a permis de tester une technologie qui risque de se retrouver prochainement sur nos routes.

«Il faut que les acteurs du milieu s’y mettent, comprennent comment ça fonctionne et puissent adapter leurs façons de faire», confirme le vice-président aux transports chez Stantec, Martin Thibault.

Bris et complications

Le bilan du projet pilote, qui a coûté 205 000 $, fait état de plusieurs embûches: des bris des navettes durant plusieurs jours consécutifs, le changement de pièces s’est avéré long, les bris sont plus complexes à gérer, une consommation accrue de la pile en temps froid et des visiteurs circulaient sur le trajet de la navette et l’obstruaient.

«On n’a pas entre les mains quelque chose qui va être opérationnel demain matin, précise d’emblée le PDG du Parc olympique, Michel Labrecque. Mais l’objectif, c'était de voir si c’est faisable, quels sont les enjeux techniques et sécuritaires, et comment la clientèle apprécie ça.»

Il se dit tout de même très satisfait du projet, un premier du genre au Canada. Plus de 90 % des personnes sondées durant l'expérimentation sont d’ailleurs pour l'intégration des navettes dans les rues de la ville.

Lors du projet pilote, un opérateur était toujours à bord. Il donnait des informations aux utilisateurs et reprenait le contrôle de la navette en cas d’arrêt d’urgence. À terme, il sera possible de la surveiller à distance. Des employés de Desjardins travaillant dans le mât du Stade olympique ou des touristes utilisaient principalement les navettes. Au total, 2300 personnes les ont empruntées.

Projets à venir

Pour améliorer la technologie, il faut inévitablement la tester dans toutes sortes de conditions. Le Parc olympique, en collaboration avec la Ville de Montréal, a participé en 2019 à un autre projet pilote de navettes électriques automatisées entre le Marché Maisonneuve et son territoire. L’expérimentation a permis d'évaluer le comportement des navettes automatisées dans la rue, avec d’autres véhicules. Le bilan devrait être publié sous peu par la Ville. La métropole planifie entre-temps plusieurs projets pour 2020.

Le Parc Olympique devrait annoncer en janvier prochain s’il prépare un projet pilote pour l’année qui vient. Son PDG Michel Labrecque est par contre sûr d’une chose: il y aura un jour un déploiement permanent de navettes électriques automatisées sur son territoire.

Autres projets de véhicules automatisés

De nombreux projets pilotes sont réalisés au Québec et ailleurs dans le monde pour développer la technologie des navettes automatisées. La Ville de Candiac teste depuis octobre 2018 un service de minibus automatisés. Le véhicule d’une capacité de 15 personnes parcourt deux kilomètres entre le stationnement incitatif du terminus d'autobus et l’intersection des boulevards Marie-Victorin et Montcalm Nord.

À Phoenix, la compagnie Waymo propose depuis un an un service de taxis automatisés. Ce projet se distingue puisqu’il est implanté de façon permanente et aucun opérateur ne prend place dans le véhicule.