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Climat: les États-Unis peuvent rattraper leur retard, tout dépend de la présidentielle 2020

Agence France-Presse

Si un démocrate partisan d'un «new deal» vert battait Donald Trump en 2020, les États-Unis pourraient réduire de moitié leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport à 2005 afin de tenir les objectifs de l'accord de Paris, selon le groupe America's Pledge.

America's Pledge est une initiative financée depuis sa création en 2017 par le milliardaire Michael Bloomberg, qui s'est lancé ce mois-ci dans la course à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de novembre 2020.

Les experts auteurs du rapport, de l'université du Maryland et du Rocky Mountain Institute, estiment que les États-Unis devraient, selon la trajectoire actuelle, réduire de 25% leurs émissions d'ici 2030, par rapport à 2005. Cette réduction se ferait grâce aux forces du marché, qui favorisent les énergies renouvelables au détriment du charbon, et grâce aux lois votées par plusieurs États gouvernés par des démocrates, comme la Californie et New York.

Si plus d'États s'engageaient à leur niveau décentralisé, les émissions pourraient baisser de 37%.

Et si l'État fédéral se réengageait, avec un président démocrate et un Congrès adoptant des lois sur l'énergie ou les véhicules propres, les chercheurs estiment que la réduction pourrait atteindre -49% en 2030.

Cela remettrait les États-Unis sur les rails d'une possible neutralité carbone d'ici le milieu du siècle, ce que les scientifiques estiment nécessaire pour contenir le réchauffement de la planète à 1,5 ou 2°C par rapport à la fin du XIXe siècle, comme le stipule l'accord de Paris.

«Nous avons le temps de rattraper l'objectif de Paris, mais il faut agir très vite», a dit Carl Pope, vice-président d'America's Pledge, en présentant le rapport à des journalistes à Washington avant sa présentation officielle à Madrid lundi pendant la conférence climat COP25.

«Cela exige des changements révolutionnaires, mais ce changement est déjà en train de se produire. Nous disposons des deux tiers de la boîte à outils», a ajouté Carl Pope. «Nous avons besoin d'un réengagement fédéral, dès 2021. Mais il ne faudra pas baisser les bras si cela n'arrive pas».

Dans le système fédéral américain, les États disposent de leviers pour imposer une forte proportion d'énergies renouvelables dans la production d'électricité locale, par exemple.

Mais des domaines très importants restent aux mains du pouvoir fédéral: les normes automobiles, l'aviation, le transport maritime, les oléoducs, les forages d'hydrocarbures sur les terres fédérales, le secteur de l'énergie ou encore les réglementations pour les industries très intensives en carbone, comme le ciment et l'acier.

Le désengagement climatique de Donald Trump depuis 2017 a bloqué tous ces leviers.

Par comparaison, l'Union européenne est en chemin pour largement dépasser l'objectif qu'elle s'est fixé de réduire ses émissions de 40% d'ici 2030 par rapport à 1990, une année de référence plus ancienne que ce que Washington a choisi (2005). La commission européenne plaide en outre pour une neutralité carbone d'ici 2050.

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