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Pas de procès pour un acteur accusé de trafic

Claudia Berthiaume | Journal de Montréal

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE DISTRICT 31

Un comédien québécois ayant incarné plusieurs durs à cuire au petit écran n’aura pas à subir son procès pour trafic de stupéfiants et complot, puisque le tribunal n’a pas réussi à entendre sa cause dans un délai raisonnable.

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«Le Tribunal ordonne l’arrêt des procédures pour délais déraisonnables. Le Tribunal n’aura pas à se prononcer sur l’issue du procès», a tranché récemment le juge Gilles Garneau.

Marc-André Boulanger a donc été acquitté sur-le-champ des chefs qui pesaient contre lui, au palais de justice de Laval.

L’acteur de 40 ans était accusé de complot, de possession de drogue – de la MDMA plus précisément – et de stéroïdes en vue d’en faire le trafic, ainsi que de possession d’une arme prohibée, soit un poing américain.

Unité 9 et District 31

Le public québécois connaît Marc-André Boulanger comme lutteur professionnel, sous le nom de scène de Beast King FTM, et comme acteur.

Dans les dernières années, le colosse de 6 pi 1 po et 230 lb a notamment tenu le rôle d’un motard criminel dans la série

Unité 9, et celui du meurtrier Gabriel Comptois dans la quotidienne District 31.

Boulanger s’était retrouvé devant la justice en juin 2016, au terme d’une enquête menée par la police de Laval. 

Selon ce qui a été rapporté à la cour en juin 2018, les limiers avaient observé l’acteur lors de deux opérations de filature visant un commerce de suppléments nutritifs, qu’ils soupçonnaient servir de façade pour du trafic de stupéfiants. 

Lors d’une perquisition chez un employé de cette boutique, à qui un agent double avait acheté des méthamphétamines portant la mention «UFC», les policiers ont découvert une boîte contenant 5000 comprimés identiques.

Le colis provenant des États-Unis était adressé à Marc-André Boulanger.

Grâce à l’Arrêt Jordan

Il y a quelques semaines, le juge Garneau a estimé que le délai de 38 mois et 10 jours – auquel il a soustrait cinq mois attribuables aux non-disponibilités de la défense – écoulé depuis la mise en accusation de l’artiste était déraisonnable. 

En effet, l’arrêt Jordan de la Cour suprême, rendu en juillet 2016, a établi que tout citoyen a droit à un procès en moins de 30 mois, sauf circonstances particulières.

«La longueur des délais dans la présente affaire résulte en partie des délais institutionnels dans le district judiciaire de Laval. Les changements de procureurs [de la Couronne], au total cinq, n’ont fait qu’aggraver la situation», a souligné le magistrat.

La Couronne n’a pas interjeté appel de la décision pour le moment, mais il lui reste deux semaines pour le faire.

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