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Un agresseur sexuel atteint du VIH récidive en prison

Nicolas Saillant | Le Journal de Montréal

Déjà reconnu coupable d’agressions sexuelles graves à l’endroit de quatre hommes pour avoir eu des relations sexuelles sans préservatif se sachant atteint du VIH, Frédéric Lefebvre aurait fait une autre victime, cette fois en prison.   

Se sachant porteur du VIH depuis l’été 2016, Frédérick Lefebvre, qui était en couple avec un autre homme depuis six mois avait décidé de taire sa maladie craignant d’être rejeté par son conjoint. Au cours de leur relation, les deux hommes qui habitaient la région de Montmagny ont eu une expérience à trois avec un autre homme, relation qui n’était pas protégée.   

Devenu célibataire quelques mois plus tard, Lefebvre a eu une histoire d’un soir avec deux autres hommes en novembre, puis en janvier 2017. Entre-temps, son ex-conjoint s’était aperçu du sinistre mensonge de Lefebvre lorsqu’il s’est rendu à la pharmacie cueillir les médicaments de l’agresseur.   

Trithérapie  

Plutôt que d’y récupérer des médicaments pour un problème cardiaque comme il le faisait croire, la victime a plutôt découvert qu’il s’agissait de la trithérapie pour traiter le VIH. L’ex-conjoint et son nouveau partenaire ont immédiatement fait un dépistage qui s’est heureusement avéré négatif.   

Ils avaient porté plainte par la suite. C’est après la diffusion de l’arrestation de Lefebvre que les deux autres partenaires de l’accusé avaient porté plainte. Leurs tests n’avaient pas révélé de trace de VIH.   

Récidive  

L’homme de 37 ans avait été condamné à une peine de 43 mois de pénitencier pour agressions sexuelles, mais aussi pour des fraudes de moindre importance. Pourtant, quelques mois plus tard, pendant qu’il était détenu Lefebvre a eu une relation sexuelle non protégée avec un individu sans l’aviser qu’il était séropositif.  

«Ceci témoigne de votre faible considération pour autrui, de votre difficulté à maîtriser votre pulsion sexuelle et votre impulsivité», est-il écrit dans le rapport de la Commission des libérations conditionnelles du Canada.     

Aucune accusation criminelle n’a cependant été déposée dans ce dossier. À la fin du mois de novembre, Frédéric Lefebvre a pu obtenir une semi-liberté, la Commission ayant mesuré des changements dans son comportement depuis le début de son incarcération.   

Des conditions particulières ont cependant été imposées à l’agresseur qui a travaillé comme danseur nu et acteur porno en plus de fréquenter les saunas gais. Puisqu’il s’agit «d’endroits à risque» où il pourrait retomber dans ses délits, la Commission lui interdit de fréquenter des maisons closes ou tout lieu public «où les activités à connotation sexuelle sont autorisées».