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Budget 2020: l’administration Plante défend ses dépenses

Elsa Iskander | Agence QMI

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Joël Lemay / Agence QMI

L’administration de la mairesse de Montréal Valérie Plante défend ses dépenses, qu’elle n’entend pas réduire tant que les revenus sont au rendez-vous. Son budget record de 6,17 milliards $, vivement critiqué par l’opposition, sera mis au vote mercredi au conseil municipal. 

La formation politique Ensemble Montréal exige un plan de redressement financier détaillé d’ici le 31 mars 2020, pour réduire le ratio d’endettement. 

Rappelons que la Ville compte déroger à la Politique de gestion de la dette jusqu’en 2027, en ayant une dette dépassant 100 % des revenus annuels. 

«C’est inadmissible. Ça peut poser préjudice à Montréal d’un point de vue réputationnel, mais également financier», a soutenu mardi le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez. 

«Ça peut nuire à la capacité des administrations futures de réaliser les objectifs que les Montréalais et Montréalaises veulent», a ajouté son collègue Alan DeSousa, porte-parole du parti pour les finances. 

Gestion des priorités 

Ensemble Montréal reproche à l’administration sa gestion des priorités. «Quand vous dépensez et dépassez les budgets sur les grands projets, ça laisse peu d’argent pour les essentiels», a fait valoir M. DeSousa. 

La Ville a revu à la baisse les investissements dans les infrastructures pour les trois prochaines années dans le Programme triennal des immobilisations (PTI), même si le niveau d’investissement demeure plus important que les années précédentes. 

«Quand les infrastructures d’eau et de voirie tombent en ruine, [il] est peut-être temps de remettre à plus tard certains programmes certes bien intentionnés, mais moins urgents», a suggéré M. DeSousa. 

Dans son rapport minoritaire sur le budget, l’opposition remet en question certaines dépenses prévues, comme 75 millions $ pour l’acquisition de milieux naturels ou 52 millions $ pour le Réseau Vélo Express. 

L’opposition critique aussi des dépassements de coûts, citant l’explosion de la facture des centres de traitement de matières organiques. Selon l’entourage de la mairesse, les estimations n’avaient pas été actualisées, et les projets et technologies ont évolué. 

L’opposition critique également l’embauche de quelques 1200 employés en trois ans. Certaines embauches permettent de réduire le coûteux temps supplémentaire, défend le cabinet Plante. 

Selon l'entourage de la mairesse, l’administration n’entend pas sabrer les dépenses tant que les revenus sont à l’ordre du jour. 

«Après trois budgets de Projet Montréal, la hausse totale des dépenses se chiffre à 966,3 millions $», a rappelé M. Perez. Or, «pour Mme la mairesse, (une hausse de) 18 % en trois ans ne veut pas dire qu’elle est dépensière. J’ai peur de savoir ce qui est dépensier pour la mairesse», a-t-il ironisé. 

Le budget 2020, mis au vote mercredi au conseil municipal, devrait être adopté, Projet Montréal étant majoritaire.