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Les ONG et Facebook défendent à l'unisson les messageries cryptées

Agence France-Presse

Pour une fois, Facebook et les associations de défense des droits de l’homme sont d’accord: les messageries doivent être cryptées, sans failles ni portes dérobées que les autorités pourraient utiliser pour avoir accès aux échanges privés entre utilisateurs en cas de besoin. 

Les demandes de certains gouvernements de conserver des accès exceptionnels à des services comme WhatsApp (propriété de Facebook) «menaceraient la sécurité et la vie privée de milliards d'utilisateurs d'internet dans le monde», ont déclaré plus de 100 organisations et experts, dont Amnesty International et Human Rights Watch, dans une lettre ouverte publiée mardi. 

Lundi, Facebook a adressé une missive similaire aux ministres américains, britannique et australien qui lui ont demandé en octobre de ne pas crypter l'ensemble de ses plateformes sans garantir un accès aux forces de l'ordre «de manière à protéger nos citoyens». 

De nombreux responsables politiques dans le monde souhaitent que la justice de leur pays puisse récupérer les courriels, messages instantanés et photos échangés sur les réseaux et stockés sur des serveurs, essentiels dans le cadre d'enquêtes criminelles. 

Mais cette requête est difficile à concilier avec l'impératif de respecter la vie privée des usagers. 

«En tant qu'entreprise qui dessert 2,7 milliards d'utilisateurs dans le monde, il est de notre responsabilité d'utiliser la meilleure technologie disponible pour protéger leurs données confidentielles», argumente Facebook. 

«Les messageries cryptées sont à la pointe de la communication en ligne, et l'immense majorité des milliards de messages numériques envoyés tous les jours, y compris sur WhatsApp, iMessage (Apple, NDLR) et Signal sont déjà protégés par un cryptage de bout en bout». 

Le groupe californien, qui se voit régulièrement reprocher de ne pas suffisamment protéger les données confidentielles de ses utilisateurs, a promis cet automne de crypter sa plateforme de messagerie instantanée Messenger comme l'est déjà WhatsApp. 

En octobre, dans une lettre ouverte adressée au patron de Facebook Mark Zuckerberg, Bill Barr, ministre américain de la Justice, Kevin McAleenan, alors ministre de l'Intérieur, ainsi que leurs homologues britannique Priti Patel et australien Peter Dutton, lui ont demandé de ne pas mener ce projet à terme «sans inclure un moyen pour accéder légalement aux contenus des communications de manière à protéger nos citoyens». 

Facebook leur avait déjà accordé une fin de non-recevoir.