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Patrick Watson au MTELUS: après la vague

Mélissa Pelletier | Agence QMI

Il y a de ces peines qui nous engloutissent et, heureusement, il y a de celles qui nous élèvent. Patrick Watson l’a montré de brillante façon, mardi, en présentant son album «Wave» lors de sa rentrée montréalaise dans un MTELUS rempli à capacité.

Pourquoi pas trois premières parties plutôt qu’une? C’est ce que Watson semble s’être dit en invitant un artiste par soir pour sa courte série de concerts au MTELUS. Pour ce premier spectacle, le duo montréalais Thus Owls a eu la chance de briser la glace.

Les puissants «Yahooooou» ont commencé bien avant que Patrick Watson ne foule la scène enfumée, éclairée grâce à des prismes pivotants et quelques projecteurs. Une plus grande structure, également en forme de prisme, suspendue comme un point d’ancrage, a mis le point final à ce décor tout simple.

Que faire quand on a l’impression qu’une vague emporte tout sur son passage? Patrick Watson n’a pas hésité à prendre la plume et le piano lorsqu’il a perdu sa mère, mis fin à sa relation amoureuse et dit au revoir à son batteur de longue date Robbie Kuster. Comme pour rendre justice à son sixième album «Wave» sorti le 18 octobre, l’artiste l’a entonné dans un ordre presque parfait.

Après «Dream For Dreaming», la lumière est passée à un turquoise de bord de mer pour joliment enrober «The Wave». Pas question pour l’artiste aguerri de se laisser happer par les problèmes techniques qui ont failli ravir l’instant. Dans un grand rire, l’artiste s’est agité comme pour chasser ces pépins... qui n’allaient malheureusement pas le quitter de la soirée.

«J’ai récemment vécu une drôle de phase... Rien ne fonctionnait. Une nuit, à 3 h du matin, je me suis réveillé et tout allait mieux. Ça m'a inspiré "Strange Rain"», s’est écrié l’artiste, ironiquement à-propos, dans son typique mélange de français et d’anglais.

Si le phare était porté principalement sur l’opus «Wave», Patrick Watson a également eu envie de présenter quelques pièces choisies de son répertoire. Son dévolu s’est notamment porté sur «Grace» et Hearts», contenues sur son cinquième album «Love Songs For Robots».

Que ce soit à travers la douce «Melody Noir», la déchirante «Broken», la plus rythmée «Turn Out The Lights» chantée avec les spectateurs, une improvisation demandée par le public ou même un soudain test de son - "Ça va me rendre fou! C’est quoi le problème?", l’artiste a offert des moments d’une beauté pure, juste assez imparfaits et échevelés. À son image.

Au moment d’écrire ces lignes, l’artiste écoulait encore les chansons de «Wave» devant le public pendu à ses lèvres.

Dans le cadre de sa tournée de plusieurs dates, Patrick Watson sera également en spectacle au MTELUS les 11 et 12 décembre.

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