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Crise avec la Chine: des pertes de 119 millions $ pour les producteurs de porcs du Québec

Pierre Couture | Journal de Québec

La fermeture du marché chinois pendant quatre mois a fait mal aux producteurs de porcs du Québec dont les pertes de revenus devraient s’élever à 119 millions $ cette année.  

«C’est énorme», a indiqué le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval, en marge du congrès Porc Show de l’industrie porcine qui se déroule à Québec mercredi.  

Selon ce dernier, de nombreux producteurs de porcs du Québec ne feront pas d’argent en 2019. «Cette année, ce sera une année à coût de production. On ne fera pas une cenne. On a vivoté une autre année, comme l’an dernier», a-t-il indiqué.  

À l’échelle canadienne, la crise du porc avec la Chine devrait se traduire par des pertes de revenus de 265 millions $.  

La Chine avait fermé ses frontières en juin dernier à la viande canadienne comme le porc et le bœuf avant d’annoncer une réouverture en novembre dernier. Pékin évoquait des certificats vétérinaires falsifiés pour justifier son embargo.  

En 2018, la Chine a représenté un marché de 283 millions $ pour les éleveurs de porcs québécois, soit environ 500 millions $ pour les éleveurs du Canada.   

Tensions avec Pékin  

La grande inconnue demeure pour les producteurs de porc les tensions politiques et commerciales entre la Chine et le Canada, notamment avec l’arrestation il y a un an et la détention de la haute dirigeante de Huawei, Meng Wenzhou, à Vancouver.  

«On ne veut pas être le dindon de la farce. On ne veut pas passer en second. On a bâti à travers les 50-60 dernières années un canal avec les Chinois. On a une bonne relation avec eux. Là, on l’a perdue en l’espace de quelques mois. Il ne faut pas que cela se répète», a fait valoir M. Duval.  

Les producteurs du porcs du Québec ne craignent d’ailleurs pas de perdre des parts de marché alors que les États-Unis sont en train de renégocier des accords commerciaux en Chine.  

La Chine, dont l’industrie porcine a été décimée par un virus au cours de la dernière année, s’est tournée vers les producteurs en provenance du Canada et d’autres pays pour compenser leurs importantes pertes de production.  

Le virus qui fait peur  

Le virus de la peste porcine africaine, qui s’avère dévastateur partout sur la planète, continue toutefois d’inquiéter les producteurs de porcs.  

Ce virus pourrait faire des ravages au Québec alors que 70 % de la production porcine est destinée au marché de l’exportation. Or, pour l’instant le Québec et le Canada semble épargner par ce virus à déclaration obligatoire.  

«L’enjeu est énorme. C’est facilement 40 à 50 % des producteurs qui vont peut être disparaître si il y a une introduction de cette maladie. Ça va avoir un effet désastreux», a fait valoir M. Duval.  

L’arrêt des exportations de porc pourrait ainsi avoir un impact économique de 4 milliards $ sur l’économie canadienne, estime certains économistes.  

L’industrie porcine emploie 26 500 travailleurs au Québec, dont tout près de 2000 fermes en activité.