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Critique du budget: accusations de sexisme à l'Hôtel de ville de Montréal

Camille Dauphinais-Pelletier | Agence QMI

L'opposition à l'hôtel de ville de Montréal s'est fait une fois de plus accuser de tenir des propos sexistes en décrivant le budget de la mairesse Valérie Plante, lorsque le chef de l'opposition a critiqué mercredi les dépenses en mentionnant que l'administration «[voulait] le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la fermière».

Devant les critiques qui ont immédiatement suivi sa longue allocution d'une quarantaine de minutes, le chef d'Ensemble Montréal Lionel Perez a assuré que ses propos ne faisaient pas référence au genre de la mairesse ni à la version plus grivoise de cette expression, et a refusé de revenir sur ses paroles, ajoutant qu'«on ne devrait pas pouvoir entacher la réputation d’une personne en lui portant une intention qu’il ne portait pas».

Lorsque la présidente de la séance, Cathy Wong, a réitéré son invitation à utiliser à l'avenir d'autres métaphores, M. Perez a quitté la pièce, laissant les autres membres du conseil poursuivre l'assemblée extraordinaire pour l'adoption du budget sans lui.

En mêlée de presse à la sortie de la salle, M. Perez s’est dit «outré et dégouté» de la remarque, qu’il considère comme une atteinte à sa réputation. «Parce que j’ai utilisé une expression de langue française très bien connue, ils m’ont accusé de sexisme. C’est inacceptable, c’est diffamatoire», a-t-il tonné.

M. Perez a aussi mentionné que, comme chef de l’opposition, il était de son devoir de jouer le rôle de chien de garde au conseil, et que l’administration Plante avait l’habitude de sortir la «carte du sexisme» pour éviter de parler de certains sujets.

L'affaire rappelle les commentaires du maire de l'arrondissement de Saint-Laurent, Alan DeSousa, qui avait dit l'an dernier que le budget de la Ville contenait beaucoup de maquillage et de rouge à lèvres.

Recommandations

Le budget de la Ville et le Programme triennal d’immobilisations 2020-2022 ont finalement été adoptés mercredi après de longues discussions entre l’opposition et l’administration Plante. Cette dernière a pris connaissance des recommandations formulées par la Commission permanente sur les finances et l’administration, et lui fournira une réponse au cours des six prochains mois.

Plusieurs recommandations concernent des préoccupations liées à l’endettement de la Ville, qui restera au-dessus de 100 % jusqu’en 2027. Par exemple, il est recommandé que le Service des finances tienne une reddition de comptes annuelle rigoureuse à l’agglomération et que la création de nouveaux postes à la Ville soit restreinte.

La commission recommande aussi à la Ville de diversifier ses sources de revenus, notamment en faisant des représentations auprès d’Ottawa pour la mise en place d’une entente comme le «Réflexe Montréal» au provincial.

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