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Desjardins est accusée de manquer de transparence

Pierre Couture et Agence QMI

Le grand patron de Desjardins, Guy Cormier, continue de gérer une crise qui manque énormément de transparence, déplore l’ex-politicien Daniel Paillé.     

« Actuellement, on constate que toutes les décisions sont prises par un seul homme, soit Guy Cormier. Actuellement, Guy Cormier parle à Guy Cormier dans une conférence téléphonique pour annoncer que plus de 8 millions de personnes sont maintenant concernées par ce vol de données », a indiqué M. Paillé, hier au Journal.     

Plus d’indépendance     

Ce dernier, qui avait brigué la direction de Desjardins après le départ de Monique F. Leroux en 2016 contre Guy Cormier, réitère que l’ampleur de la crise actuelle prouve que Desjardins devrait nommer rapidement un président du conseil d’administration totalement indépendant qui détiendrait la totalité des informations au sein de l’institution.      

Car en ce moment, Guy Cormier occupe deux chapeaux, soit celui de président de Desjardins et celui de président du conseil d’administration.     

« C’est très hermétique ce qui se passe à l’intérieur de Desjardins. C’est très papal comme processus. C’est un conclave. M. Cormier relève de qui ? Il faut que les réponses soient bonnes, alors que personne ne pose les bonnes questions à l’intérieur de l’institution pour le futur des membres de Desjardins », observe-t-il.     

Car dans les faits, Guy Cormier est actuellement son propre patron, soulève M. Paillé.      

« On a ici un très gros problème d’éthique et de gouvernance. »     

Comme ça se fait ailleurs      

L’ex-chef du Bloc québécois souligne que la coopérative financière VanCity, de la Colombie-Britannique, est formée de neuf administrateurs indépendants de la direction, alors que Desjardins compte 20 administrateurs sur 22 provenant de la coopérative.     

Il rappelle également qu’à la Caisse de dépôt et placement du Québec, le PDG Michael Sabia relève du président du conseil Robert Tessier, et qu’à la Banque Nationale, le PDG Louis Vachon relève de Jean Houde, président du conseil.   

Simon Clark/Agence QMI

Rizqy s'en mêle   

La députée libérale Marwah Rizqy a elle aussi accusé Desjardins et son président de manquer de transparence.   

«On n’a pas encore l’heure juste. Depuis le mois de juin, on reçoit l’information au compte-gouttes et ce n’est pas normal», a dénoncé l’élue, mercredi matin, à l’émission «Dutrizac» sur QUB radio.   

«Plusieurs mois plus tard, on n’a pas fait toute la lumière sur Desjardins et c’est assez problématique de ne pas être capable d’avoir l’information juste, a déploré la députée de Saint-Laurent. On n’est pas en mesure aujourd’hui de savoir exactement l’état de la situation chez Desjardins.»   

Mardi, on apprenait que l’employé à l’origine de la fuite chez Desjardins avait eu accès aux données de 1,8 million de détenteurs de cartes de crédit et de produits de financement, faisant passer le nombre de membres touchés à environ huit millions.   

Au lendemain de ce nouveau rebondissement, Marwah Rizqy qui est porte-parole de l’opposition officielle en matière de stratégie numérique a regretté que le président du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, n’ait pas été en mesure de répondre aux questions des élus lors de son passage devant la Commission des finances publiques à Québec en novembre dernier.   

«Être transparent, ce n’est pas se présenter devant une commission parlementaire, c’est répondre aux questions, même si elles sont difficiles», a soutenu l’élue. Elle s’est également questionnée à savoir s’il y avait des problèmes de gouvernance chez Desjardins.   

«L’ensemble des membres de la Commission des finances publiques - pas juste les députés libéraux, mais aussi les députés caquistes, solidaires et péquistes -, on a décidé d’envoyer une série de questions écrites [à M. Cormier] - et c’est assez exceptionnel ce qu’on fait -, parce qu’on s’est dit que s’il n’est pas capable de nous répondre en commission, il va devoir nous répondre par écrit.»   

Ne souhaitant pas se prononcer à savoir si Guy Cormier devait ou non quitter son poste chez Desjardins, Marwah Rizqy a dit souhaiter le revoir en commission parlementaire et que ce dernier réponde aux questions qui lui ont été envoyées. «S’il faut qu’on l’entende en huis clos pour qu’il soit capable de nous répondre, on va le faire», a-t-elle insisté.   

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