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«La faille» sur Club illico: loin d’être froid

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

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Joël Lemay / Agence QMI

Des retrouvailles inattendues et troublantes entre une mère policière (Isabel Richer) et sa fille (Maripier Morin), ex-danseuse assagie, sur fond d’enquête pour meurtres sordides dans le froid de Fermont : «La faille» réunit plusieurs éléments gagnants pour captiver les amateurs de thrillers dans le temps des Fêtes.

Club illico dépose sous le sapin, ce jeudi, 12 décembre, cet ambitieux cadeau réalisé par Patrice Sauvé («Victor Lessard», «Le monstre») dont on souhaite déballer les huit épisodes d’un trait sitôt le récit lancé et l’investigation ouverte dans un tableau inhabituel, celui du Grand Nord québécois, à la frontière du Labrador.

La plateforme de contenu sur demande anticipe un succès tel qu’une deuxième saison de «La faille» a déjà été commandée, a-t-on annoncé au visionnement de presse, mercredi matin. Celle-ci ne sera toutefois pas tournée à Fermont comme le premier chapitre.

Oublier le passé

La première scène de «La faille» fige le sang: une Maripier Morin paniquée, tuméfiée, brandit un carton portant l’inscription «si quelqu’un d’autre que ma mère vient me chercher, je meurs».

Puis, on remonte dans le temps, huit jours plus tôt, lorsque la tranchante, mais attachante détective Céline Trudeau (excellente Isabel Richer), la maman en question, est envoyée à Fermont pour élucider une affaire d’assassinat ayant ciblé une danseuse nue du nom de Justine, qui entretenait des fréquentations peu recommandables et dont le visage éteint a été recouvert d’un masque chinois.

Là-bas, Céline rencontrera son collègue local, Alex Théberge (Alexandre Landry), qui la guidera dans cette communauté où tout le monde est suspect, mais néanmoins tissé serré. Elle suspectera rapidement Bruno Lamontagne (Patrick Hivon), un citoyen colérique, déjà soupçonné d’avoir tué son petit garçon il y a quelques années, mais cette piste sera-t-elle la bonne?

Le plus grand choc pour Céline se produira lorsqu’elle tombera face à face, par hasard, avec sa fille Sophie, qu’elle n’a pas vue depuis quatre ans. Celle-ci a jadis fui tant sa génitrice que son métier de danseuse pour des raisons encore inconnues en début d’histoire. Sophie a fait table rase de son passé et refait sa vie avec Louis-Philippe (Jean-Philippe Perras), le fils de la mairesse de Fermont, Diane (Élise Guilbault).

Jeune maman d’un garçonnet, Sophie est responsable des communications de la mine de Fermont, déjà en difficulté au-delà de l’affaire meurtrière qui secoue la ville. Si Céline est ouverte à rétablir le dialogue avec sa fille, cette dernière ne l’entend pas ainsi.

Après avoir crevé l’écran dans «La chute de l’empire américain», de Denys Arcand, Maripier Morin convainc à nouveau en interprétant une femme à l’existence rangée, craintive de voir ses antécédents la rattraper.

En campant son œuvre à Fermont, l’auteur Frédéric Ouellet («Grande ourse», «Victor Lessard», «Les rescapés») souhaitait explorer la notion de mur au sens propre (le mur-écran de Fermont), mais aussi au figuré, avec ces barricades que les êtres érigent en eux et entre eux, pour se protéger d’eux-mêmes et de leurs relations.

Frigorifiés

Pixcom et Québecor Contenu n’ont pas donné dans la facilité en allant tourner dans le rigoureux hiver de Fermont avec un budget de moins d’un million de dollars par épisode, mais le résultat est absolument splendide.

Les images des paysages enneigés de «La faille» et de la mine locale vus de haut, notamment captées au moyen de drones, valent à elles seules le coup d’œil. On ressent presque les frissons des personnages lorsqu’un bulletin météo annonce, au deuxième épisode, une température ressentie allant de -50 à -60 degrés. Les comédiens avaient parfois du mal, semble-t-il, à prononcer leurs répliques tant ils étaient frigorifiés.

Ajoutez à ce décor à peu près jamais vu dans une série québécoise une intrigue forte, basée sur un suspense haletant, et des acteurs doués (Éveline Gélinas, Stéphane Jacques, David Savard, Marc Messier, Marianne Fortier, Benoit Gouin et Noah Parker sont aussi de la distribution), et on se dit qu’il valait la peine, pour l’équipe de production, de payer le prix des billets d’avion «aussi chers que des billets pour Paris», dixit Frédéric Ouellet, et de trouver un moyen de protéger les caméras, qui déclarent souvent forfait lorsqu’activées à -20 °C. Et de déployer quantité de trésors d’imagination pour mener à bien une aventure aussi complexe, à laquelle deux distributeurs étrangers, de l’Allemagne et de Toronto, ont contribué financièrement, ce qui assurera à «La faille» un rayonnement international. Déjà, la fiction a été projetée dans quatre festivals à l’extérieur du Québec, notamment en France et à Berlin.

Des segments de «La faille» ont aussi été enregistrés au Complexe Cousineau, un centre commercial désaffecté de Saint-Hubert, à Saint-Zénon et à Terrebonne.

«La faille» sera intégralement disponible sur Club illico ce jeudi, 12 décembre.