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L’ex-avocat n’était pas malintentionné, selon son avocate

Nicolas Saillant | Journal de Québec

En commandant une poupée en silicone sur internet avec son vrai nom et en la faisant livrer chez lui, l’ex-avocat Antoine Gagnon n’avait pas le comportement d’une personne qui agissait dans l’illégalité. 

L’homme accusé d’importation de pornographie juvénile pour avoir commandé une poupée sexuelle enfantine avait-il connaissance du contenu de la boîte? C’est la question en litige soulevée par l’avocate de la défense Kamy Pelletier-Khamphinith lors de sa plaidoirie.    

Selon elle, l’apparence de la boîte ne donne aucun indice sur ce qu’il y a à l’intérieur. Rappelons que jamais Antoine Gagnon n’a ouvert le colis entre le moment où un policier déguisé en livreur est venu porter le paquet et le moment de la perquisition, 1 h 15 plus tard. 

Recherche internet 

Quant aux 3768 recherches internet en lien avec l’achat d’une poupée sexuelle de 100 centimètres, l’avocat a admis qu’on était «clairement» dans le cadre d’une recherche pornographique. Par contre, selon Me Pelletier-Khamphinith, aucune recherche faite par l’accusé ne démontre qu’il voulait une poupée de moins de 18 ans.   

Me Pelletier-Khamphinith rappelle qu’il n’a jamais ouvert la boîte, alors qu’il a commandé la poupée avec ses informations personnelles en répondant aux demandes de UPS pour valider la livraison à deux reprises.   

«Je crois que c’est compatible avec quelqu’un qui commande quelque chose de légal dans sa tête», a plaidé l’avocate.   

Preuve circonstancielle importante 

Plus tôt mercredi matin, la Couronne avait d’abord plaidé en insistant sur le fait que l’ouverture ou non de la boîte par l’accusé n’était «pas un argument». Au contraire, l’accusé qui était un avocat criminaliste au moment de l’infraction «savait que ce matériel était illégal».    

Me Valérie Lahaie a pris le soin d’expliquer, grâce à la preuve informatique, comment Gagnon avait «raffiné ses recherches» en consultant plusieurs sites et des forums de discussion jusqu’à l’achat de l’objet sexuel.    

Il a agi en «consommateur informé et averti, a plaidé Me Lahaie, il n’y a pas de hasard».

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