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Salaire de 452 000 $: La STM défend son directeur général

Guillaume Pelletier | Agence QMI

Bien que la Société de transport de Montréal (STM) peine à offrir à sa clientèle un service d'autobus régulier, son directeur général a reçu de généreuses augmentations de salaire. 

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Entre 2015 et 2019, le salaire de Luc Tremblay est passé de 327 369 $ à 452 160 $, soit une hausse de près de 125 000 $. L’an dernier seulement, il a obtenu une augmentation de 13,8%. 

Le conseiller municipal indépendant du district de Snowdon, Marvin Rotrand, a déploré que le conseil d'administration de la STM ait décidé de renouveler le contrat de son directeur général jusqu'en 2022, même si le service d’autobus ne peut pas être livré adéquatement depuis plusieurs mois déjà. 

Plusieurs indicateurs 

Le président du conseil d’administration de la STM, Philippe Schnobb, a répondu que celui-ci mène un processus de réévaluation salariale chaque année en fonction d'une grille et d'un système qui ont été adoptés en 2010. «Il y a une soixantaine d'indicateurs qui sont suivis, ce n'est pas juste "est-ce que les bus sont en retard?" "Est-ce que le métro a eu des arrêts de service?"», a-t-il précisé. 

M. Schnobb a ajouté que, depuis l'arrivée de M. Tremblay à la tête de la STM en 2015, la société de transport n'est plus du tout la même. 

Durant ces années, la STM a connu une augmentation de 11% de la fréquence de passage de son service d'autobus, de 20% de son service de métro et de 25% du service de transport adapté. De son côté, la clientèle a augmenté de 15%. 

Les membres du conseil d'administration ont pris la décision unanime de ramener le directeur général au plafond de l'échelle salariale pour marquer leur satisfaction et l’appuyer par rapport aux défis qu'il devra affronter au cours des prochaines années. 

Jusqu'à 35% des autobus hors service 

Rappelons que pendant une bonne partie de l’année 2019, entre 30% et 35% des autobus se trouvaient hors service chaque jour. Le nombre minimal d'autobus requis pour livrer le service n’est donc pas atteint; mercredi, par exemple, 1315 bus étaient disponibles, alors qu'il en faut 1425 pour donner le service aux heures de pointe. 

M. Rotrand, qui a siégé au conseil d’administration de la STM pendant près de 17 ans avant d’en être éjecté en novembre 2018, estime que le manque d'autobus dans la flotte actuelle était à prévoir. «Quelqu’un aurait dû avoir le courage de dire à l’administration Plante que la STM était sur le point d’obtenir son pire rendement depuis le début de son existence et que le calendrier imposé [pour la livraison des 300 bus] n’était pas réaliste», a dénoncé M. Rotrand. 

Luc Tremblay reconnaît que la mise en place des infrastructures nécessaires afin d'accueillir les 300 bus hybrides annoncés par l'administration Plante en 2018 apporte des défis. «En 150 ans d'histoires, on n’a jamais construit autant d'infrastructures pour recevoir des bus, on est en train de relever un défi colossal», a-t-il expliqué. 

Marvin Rotrand trouve incompréhensible que le conseil ait récemment renouvelé le contrat de son directeur général pour un salaire annuel de 452 000 $ par année, une somme plus élevée que celle que reçoit son homologue de Toronto. Le président-directeur général de la société de transport de Vancouver a, de son côté, vu son salaire bondir de 25% entre 2018 et 2019, passant de 406 000 à 517 000 $.