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Greta Thunberg a raison, dit le ministre Benoit Charette

Patrick Bellerose

Présent à Madrid pour la COP25, le ministre québécois de l’Environnement appuie les propos de l’activiste Greta Thunberg, qui accuse les États d’avoir usé de «tromperie» en matière de réduction des gaz à effet de serre.   

«Je choisirais sans doute des mots différents, mais elle a raison sur un élément, à tout le moins : c’est vrai que l’ensemble des engagements pris par les États, par les chefs d’État, et même le Québec malheureusement au cours des dernières années, n’ont pas été respectés», a commenté Benoit Charette en entrevue avec notre Bureau parlementaire.     

• À lire aussi: Greta Thunberg accuse les États de «tromperie» 

Le ministre dit comprendre la jeune activiste «lorsqu’elle dit que plusieurs se sentent floués».     

Comme il l’a déjà fait au Salon bleu, Benoit Charette s’est montré critique du bilan libéral en matière de réduction des gaz à effet de serre. «Malheureusement, au cours des dernières années, le Parti libéral avait signé un certain nombre d’ententes, certains engagements qui devaient, par exemple, nous permettre de diminuer les gaz à effet de serre de 20% par rapport à l’année de référence de 1990 pour 2020. Et, ma foi, on a un gros retard, compte tenu qu’ils n’avaient pas mis en place un plan d’action pour y parvenir.»   

2017, encore une mauvaise année   

D’ailleurs, «tout indique qu’on aura augmenté nos émissions en 2017 par rapport à 2016», dit le ministre Charette, avant d’ajouter qu’il pourra «confirmer» les chiffres exacts la semaine prochaine.   

Ainsi, le Québec n’aura probablement pas «la moitié du chemin parcouru» par rapport à son engagement pour 2020. À son arrivée au pouvoir l’an dernier, la CAQ avait d’ailleurs annoncé que le Québec raterait la cible. Le gouvernement Legault s’en remet plutôt à une réduction de 37,5% pour 2030, soit la seconde date-butoir à laquelle la province s’est engagée.   

La CAQ compte y arriver grâce à un plan d’électrification, notamment des transports.   

Environnementalisme pragmatique   

Toutefois, le ministre caquiste précise qu’il s’agira d’une approche «pragmatique» de la protection environnementale. Benoit Charrette estime qu’il est «très possible» d’allier protection de l’environnement et rentabilité économique. «Ce sont plusieurs centaines de milliards $ – et je ne me trompe pas, je ne parle pas de millions $ – qui seront investis à l’échelle internationale pour, notamment, diminuer les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi pour la résilience, l’adaptation aux changements climatiques», affirme-t-il.   

«Donc, les compagnies ou les États qui assumeront un leadership à ce niveau-là pourront réellement en faire un objet de développement économique. Et c’est dans cette perspective-là qu’on se positionne.»     

Personne de l’année   

Pour Benoit Charette, le titre de «Personne de l’année», accordé à Greta Thunberg par le magazine Time mercredi, démontre que «notre jeunesse est beaucoup plus mobilisée qu’elle ne l’était par le passé» autour de la cause environnementale.   

«Cette même jeunesse, aujourd’hui, nous demande d’agir et c’est la raison pour laquelle, comme gouvernement, on est aussi mobilisé sur la question de l’environnement», assure le ministre.   

S’il reconnaît que la lutte au changement climatique était largement absente de la campagne électorale de la CAQ en 2018, le ministre Charette fait valoir que «de façon générale, l’élection n’a pas porté non plus sur l’environnement». «Mais la situation serait certainement différente aujourd’hui», fait-il valoir.   

«Et on aura certainement un bilan tout à fait respectable et enviable à présenter à ce niveau-là à la population au moment des prochaines élections», promet-il.   

 

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