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Un sinistré incapable de se reloger parce qu'il a un chien

Stéphane Sinclair | Journal de Montréal

COLLABORATION SPÉCIALE, STÉPHANE SINCLAIR/JOURNAL DE MONTRÉAL

Un sinistré du printemps dernier dont la maison sera détruite jeudi est dans une course contre la montre pour trouver un logement où on accepte son chien Whisky. 

«Je dois être rendu à une centaine d’annonces. Quand ce n’est pas indiqué que les chiens sont interdits, c’est au téléphone qu’on me le dit», soutient Martin Dallaire. 

L’homme qui travaille en paysagement l’été et en déneigement l’hiver essaie de se trouver un logement depuis plus de trois mois.

«Je l’ai depuis huit ans. Whisky a été là dans les moments difficiles de ma vie, alors c’est à moi maintenant d’être là pour lui», lance l’homme de 37 ans.

La fondation de la maison qu’il loue depuis un an sur la 19e Avenue a été inondée en avril lorsque la digue a cédé. 

Le propriétaire de la maison a choisi d’accepter l’offre du gouvernement et de faire démolir sa maison. Elle sera donc détruite jeudi. L’homme désespère de se trouver un pied-à-terre avec son fidèle compagnon.

Plus d’eau ni d’électricité 

Même s’il n’a plus d’eau ni d’électricité depuis vendredi dernier, il est resté dans sa maison louée pour son chien en espérant réussir à se trouver un logement décent où il pourra continuer de prendre soin de Whisky. 

Il vivait avec le propriétaire de la maison qui fournissait les meubles. Ce dernier est parti la semaine dernière avec presque tout, ne lui laissant qu’un lit.

Depuis la semaine dernière, M. Dallaire mange au restaurant ou se fait des sandwichs. 

Il envisageait mercredi de se construire un abri de fortune sur le terrain en attendant de se trouver un pied-à-terre.

Lors du passage du Journal, il se chauffait avec le foyer à même du bois pris dans les murs de la maison. M. Dallaire pouvait compter sur un voisin pour recharger son téléphone portable.

L’homme est originaire de la Gaspésie. Tous les membres de sa famille y demeurent, à l’exception de son père, qui habite Terrebonne.

«Mon père voudrait bien m’aider, mais les chiens sont aussi interdits dans son immeuble», explique-t-il.

Il a fait une demande d’hébergement temporaire sur les médias sociaux pour se trouver une chambre avec son chien en attendant de se trouver un logement. 

Martin Dallaire aimerait bien se loger dans les Basses-Laurentides pour demeurer proche de son travail et de sa fille de six ans qui demeure chez sa maman à Saint-Eustache.

Il espère qu’un propriétaire va finir par les accepter, son chien et lui. 

«C’est certain que la solution facile serait de m’en débarrasser. On vit dans un monde où les gens choisissent la facilité», regrette-t-il.

Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) confirme qu’il y a beaucoup de discrimination pour les propriétaires d’animaux. 

«C’est de plus en plus difficile de trouver un logement avec un chien ou un animal, explique Maxime Roy-Allard, porte-parole du RCLALQ. Certains propriétaires peuvent demander un à deux mois d’avance pour ceux qui ont des animaux, même si c’est illégal. Les locataires n’ont pas le choix d’accepter s’ils veulent garder leurs animaux.»