/news/currentevents

Véronique Cloutier veut un coupable et Brendan Gallagher s’inquiète

Jonathan Tremblay et Louis Butcher | Journal de Montréal

Véronique Cloutier a dévoilé à son émission de radio mardi que la méthode d’espionnage dont elle et d’autres personnalités ont été victimes n’implique pas une technique d’hameçonnage.  

«C’est beaucoup plus complexe que ce qui est sorti dans les nouvelles», a lancé d’emblée l’animatrice Véronique Cloutier, mardi, sur les ondes de Rouge FM.   

• À lire aussi: Des dizaines de personnalités espionnées sur leur téléphone

Elle a dit qu’il ne s’agissait pas d’un simple « clic » sur un lien d’hameçonnage.    

«Je sais qu’il y a des gens qui font ça, mais moi, ce n’est pas ça», a-t-elle insisté.   

Mardi, notre Bureau d’enquête révélait qu’elle et au moins des dizaines d’autres personnalités publiques du Québec, dont des joueurs du Canadien de Montréal, avaient été espionnées à leur insu par le piratage de leur téléphone cellulaire.    

Contrainte au silence  

C’est Véro qui a alerté les autorités en portant plainte dans ce dossier. La police de Longueuil mène une enquête à ce sujet depuis plus d’un an.   

«Je ne peux pas vraiment parler parce qu’il y a une très sérieuse, longue et complexe enquête en cours, a-t-elle dit. Ce sont de nouveaux crimes, avec l’arrivée des nouvelles technologies des dernières années.»   

«Je pense qu’il faut qu’il y ait des sanctions, a-t-elle dit. La justice va suivre son cours.»   

Elle a conclu son intervention par une blague qui a fait rire ses coanimateurs.   

«Sachez que maintenant, il y a peut-être un criminel quelque part au Québec qui sait tout ce que je pense de vous autres.»   

Gallagher pose des questions  

Le Journal de Montréal a aussi appris qu’un des joueurs du CH, Brendan Gallagher, s’était inquiété après avoir été mis au courant de la nouvelle mardi.   

«Peut-on savoir ce qui se passe ? » a-t-il demandé aux hauts gradés de l’organisation, non sans raison.   

«[Brendan] pensait que le Canadien était au courant du dossier et qu’on voulait cacher la situation aux joueurs», nous a raconté Paul Wilson, vice-président principal affaires publiques et communications du CH.    

Celui-ci a toutefois assuré que ce n’était pas le cas. «On ne fait pas de cachettes», a-t-il dit.   

Enquête à l’interne  

La position du Tricolore n’a pas changé non plus depuis la publication de cette histoire.    

«Aucun membre de notre organisation n’en a entendu parler, a répété M. Wilson. Pour nous autres, c’est la première fois.»   

Le Canadien dit avoir mené une enquête à l’interne pour en venir à cette conclusion.    

«Si jamais [un pirate] réussit à s’infiltrer dans mon cellulaire [il] va juste trouver ça drôle », a commenté l’attaquant Phillip Danault, mardi soir, à la suite d’une victoire contre les Penguins à Pittsburgh. En tant que joueur de hockey, on n’a déjà pas beaucoup d’intimité. Les coupables devraient être jugés sévèrement.»   

Deux autres options plausibles  

Comme Véronique Cloutier a éliminé l’hameçonnage des méthodes potentielles utilisées pour épier son cellulaire, il resterait deux autres options plausibles, selon Steve Waterhouse, spécialiste en sécurité informatique.   

«Soit le malfaiteur a effectué une copie physique de la carte Subscriber Identity Module [SIM], soit quelqu’un a compromis la sécurité de ses informations chez le fournisseur de services», avance-t-il.   

L’expert n’écarte cependant pas la possibilité qu’une personne ait eu un accès physique au cellulaire des victimes pour y introduire un logiciel ou pour subtiliser de l’information.   

Technologie poussée  

Il est encore tôt pour statuer de la méthode exploitée avec les informations connues, selon Anne-Sophie Letellier, porte-parole de Crypto.Québec, et Éric Lessard, consultant en sécurité informatique.   

Les deux spécialistes comprennent qu’il puisse s’agir d’un stratagème «plus complexe» que l’hameçonnage, mais qui nécessite une technologie poussée, compte tenu du nombre et du type de victimes.   

Dans la même catégorie