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Accompagner des patients pour fumer: une pratique normale?

TVA Nouvelles

Partout au Québec, il arrive que des préposés accompagnent des patients à l’extérieur pour qu’ils puissent fumer la cigarette. S'agit-il là d'une pratique normale, voire répandue?

Au fait du reportage de TVA Nouvelles, la ministre de la Santé et des Services sociaux Danielle McCann a réagi à cette pratique qui soulève de nombreuses questions. «Les établissements doivent regarder ça et bien utiliser leur personnel, estime-t-elle. Est-ce que quelqu’un d’autre pourrait le faire? Je fais confiance au bon jugement des gestionnaires»

Pour sa part, la présidente de la Fédération des infirmières du Québec Estrie, Sophie Séguin, rappelle que cette mesure est monnaie courante dans le réseau. «C’est un peu contradictoire, mais la prescription qui dit qu’un patient a le droit de fumer ou prendre une marche a toujours existé. Et souvent, c’est une préposée aux bénéficiaires qui va les accompagner».

À l’Hôtel-Dieu-d’Arthabaska, on avance cependant que l’accompagnement à l’extérieur concerne surtout les patients des ailes psychiatriques, qui pourraient s’enfuir ou attenter à leurs jours si on les laissait sans surveillance.

Du côté des patients

Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades, a tenu à rappeler que rien n’interdit aux patients hospitalisés de se griller une cigarette de temps en temps. «Je continue de croire qu’on soit à mobilité réduite ou pas, on devrait avoir le droit aux autres occupations de la vie, comme les bien-portants», affirme-t-il.

Toutefois, il prend pour acquis «qu’on ne prive personne de soins» si un préposé accompagne un patient fumer à l’extérieur. Le président suggère également que des parents, des amis ou même des bénévoles pourraient remplir ce rôle.