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Andrew Scheer démissionne dans la tourmente

Émilie Bergeron | Agence QMI

 - Agence QMI

Andrew Scheer a cédé à la grogne au sein des troupes conservatrices, jeudi, dans la foulée d'une controverse sur l'utilisation de fonds du parti pour sa famille.

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Des dépenses scolaires incriminantes à l’origine de la démission?

Après s’être accroché à son poste de chef conservateur près de deux mois suivant sa défaite électorale, il a finalement jeté l’éponge dans un discours en Chambre.

«J'ai pris cette décision, car elle est la meilleure pour notre parti», a-t-il laissé tomber, l’œil humide, annonçant du même souffle le déclenchement imminent d’une course à la chefferie pour lui trouver un successeur.

M. Scheer, qui restera chef dans l’intervalle, a dit vouloir se recentrer sur sa famille et a lancé un appel à l’unité des conservateurs d’est en ouest du Canada.

Les soupirs de soulagement n’ont pas tardé à se faire entendre dans sa formation politique, surtout qu’une nouvelle tuile semblait sur le point de s’abattre sur M. Scheer.

Le chef a puisé dans les coffres de sa formation politique pour couvrir les frais de scolarité à l’école privée de ses enfants, a-t-on appris quelques instants avant qu’il annonce sa démission.

 

La goutte qui fait déborder le vase?

Le Parti conservateur du Canada (PCC) a assuré que tout s’était fait dans les règles de l’art, mais bien des conservateurs sont tombés des nues, certains y voyant une utilisation abusive de fonds et un manque de transparence.

«Inacceptable et décevant», a pesté le sénateur québécois Jean-Guy Dagenais, qui a récemment claqué la porte du caucus conservateur à la Chambre haute en réclamant le départ de M. Scheer.

«J’ai vu des candidates à la récente élection qui n’ont malheureusement eu aucun sou du parti [...] et qui aujourd’hui se retrouvent avec des dettes», a-t-il déploré pour illustrer le contraste.

Son collègue sénateur Claude Carignan n’a pas caché sa satisfaction de voir M. Scheer baisser la garde, soulignant que ses jours à la tête du PCC étaient comptés depuis bien longtemps.

«Il y avait clairement une accumulation de mauvaises décisions prises ou non prises. Parce que parfois c’est une mauvaise décision de ne pas en prendre», a commenté celui qui faisait partie des voix dissidentes.

Crescendo

La grogne contre le leadership de M. Scheer n’a cessé de décolérer depuis l’élection du 21 octobre dernier et les conservateurs prêts à le défendre publiquement se faisaient de plus en plus rares.

N'empêche, le chef démissionnaire maintenait jusqu'à tout récemment qu'il devait rester en poste jusqu’au vote de confiance qu'il devait subir au congrès national de son parti, en avril. Il arguait que c’était la façon de faire et que tous les membres du PCC devaient statuer sur son sort.

Bien des ténors conservateurs ont toutefois multiplié les appels à son départ rapide pour éviter les guerres intestines et limiter les dégâts.

«Je trouve que c'était le bon temps, avant les Fêtes, d'annoncer sa décision», s’est contenté de dire le député québécois Jacques Gourde.

On reprochait au chef Andrew Scheer ses tergiversations sur des questions comme l’avortement et le mariage de même sexe.

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