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Bagarres interdites dans la LHJMQ?

Agence QMI et TVA Sports

Même si les batailles se font de plus en plus rares dans les amphithéâtres de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, des propriétaires des équipes du circuit Courteau veulent aller encore plus loin : ils songent à faire de la LHJMQ la première ligue de hockey junior au Canada à interdire la bagarre. 

Le journaliste de TVA Sports Mikaël Lalancette a appris que le sujet avait été discuté sérieusement l’automne dernier lors de l’Assemblée des membres, réunissant les propriétaires des 18 formations du plus important circuit de hockey junior québécois. 

«Ça fait partie de la société dans laquelle on vit, tranche un propriétaire d’une équipe du circuit Courteau. C’est un non-sens qu’on accepte encore, en 2019, que deux joueurs de notre ligue en viennent aux coups et puissent rejouer dans le match en question.» 

Un vote interdisant la bagarre pourrait être tenu dès février prochain, selon les informations de TVA Sports. 

«On est confiants de pouvoir atteindre l’unanimité lors du vote», ajoute un autre propriétaire, qui se dit mal à l’aise qu’on tolère toujours que des joueurs d’âge mineur en viennent aux coups lors de rencontres de la LHJMQ. 

L’avis de Patrick Roy 

Récemment, des entraîneurs-chefs du circuit se sont prononcés dans les médias. 

«Pourquoi les garder? Ça donne quoi, une bagarre? Honnêtement, il y a d’autres manières d’aller chercher du momentum. Les joueurs ne sont plus là, c’est rendu du hockey rapide et on est capables de mettre nos joueurs dans des situations offensives et défensives», indiquait l’entraîneur-chef de l’Armada de Blainville-Boisbriand, Bruce Richardson, lors d’un entretien au Journal de Québec. 

Même son de cloche chez son vis-à-vis des Remparts de Québec, Patrick Roy. 

«Les bagarres ne disparaîtront jamais, mais il faut que le gars [qui se bat] soit sorti du match. Il va toujours en avoir des bagarres. Il y en a au football, au baseball, au soccer et au basketball, mais dans ces sports, les joueurs sont automatiquement expulsés de la rencontre. Je pense qu’on est rendu là comme société. On essaie de protéger nos joueurs contre les coups à la tête, mais on les laisse se battre. Ça ne fonctionne pas.» 

Multiples solutions 

Différentes avenues pourraient être empruntées par la Ligue de hockey junior majeur du Québec dans le dossier des bagarres. 

On pourrait par exemple alourdir la pénalité majeure de cinq minutes déjà prévue au livre des règlements. La USHL, un circuit junior américain en pleine émergence sur l’échiquier du hockey nord-américain, prévoit une pénalité de 15 minutes lors de toute bataille. 

L’expulsion automatique du match semble déjà rallier la presque totalité des propriétaires consultés. 

La LHJMQ pourrait aussi prévoir des sanctions plus sévères envers les belligérants. Le circuit universitaire de la NCAA, qui regroupe surtout des joueurs de 20 à 25 ans, impose une expulsion automatique à tout joueur qui laisse tomber les gants. Dès une deuxième pénalité pour bagarre dans la même saison, le joueur fautif est suspendu trois parties. Une troisième bagarre mène à une rencontre entre le joueur et les autorités du circuit. 

Bref, on ne lésine pas pour enrayer les bagarres dans les universités américaines. 

Les combats en baisse 

Les combats sont en constante diminution depuis 20 ans dans la LHJMQ. La Ligue a adopté plusieurs mesures au fil des ans pour les voir diminuer : sanctions pour les bagarres dans les dernières minutes d’un match puis des pénalités supplémentaires pour un rôle d’instigateur et lors de combats planifiés. 

À l’issue de la saison 1998-1999, 49 joueurs de la LHJMQ s’étaient battus au moins 10 fois. Dix ans plus tard, ils n’étaient que sept. 

L’an dernier, lors de la saison marquant les 50 ans du circuit, un seul joueur a atteint ce plateau. 

À l’échelle canadienne, la LHJMQ est la ligue junior la moins violente avec une moyenne de 0,25 bataille par match (chiffres en date du 1er décembre dernier). La Ligue junior de l’Ontario suit avec une moyenne de 0,27 bagarre par rencontre et la Ligue junior de l’Ouest complète le portrait avec une moyenne de 0,41. 

Même s’ils vont de l’avant avec des mesures plus sévères, les propriétaires des équipes de la LHJMQ sont bien conscients que les bagarres ne seront pas éliminées complètement pour autant.