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Victoire pour le champion du Brexit Boris Johnson

Agence France-Presse

Le Premier ministre Boris Johnson, auto-proclamé champion du Brexit, a battu l'opposition travailliste par K-O aux législatives britanniques au terme d'une campagne où son sens de la mise en scène aura fait merveille.

Tout juste réélu dans sa circonscription d'Uxbridge et South Ruislip, à l'ouest de Londres, le dirigeant conservateur s'est félicité vendredi matin du «mandat fort pour réaliser le Brexit» donné par les électeurs.

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Il a réussi son pari: avoir les coudées franches pour mettre en oeuvre le Brexit fin janvier, à la satisfaction des 52% de Britanniques qui ont voté pour quitter l'Union européenne lors du référendum de 2016. Il peut se targuer, au vu des estimations des médias britanniques affinées au fil de la nuit, d'avoir remporté pour son parti une majorité d'une ampleur inédite depuis Margaret Thatcher.

Les plans du chef du gouvernement, figure du camp «Leave» lors de la campagne du référendum, étaient jusqu'à présent bloqués, faute de majorité au Parlement.

Tignasse blonde savamment ébouriffée, le bouillonnant «Bojo», 55 ans, aura mis toute son énergie dans la campagne électorale, n'hésitant pas à retrousser les manches.

Il a veillé à se présenter en homme de terrain proche du peuple -- bien qu'il soit passé par les plus grandes universités britanniques - tout en esquivant les questions sur le fond.

Soucieux de marquer les esprits, il s'est fait prendre en photo gants de boxe siglés «Réalisons le Brexit» aux poings ou aux commandes d'un bulldozer, démolissant un mur en polystyrène symbolisant «l'impasse» politique.

Retour en arrière

Alexander Boris de Pfeffel Johnson est né à New York dans une famille cosmopolite et compte un arrière-grand-père qui fut ministre de l'Empire ottoman, une origine qu'il ne manque pas d'évoquer lorsqu'on accuse son parti d'islamophobie.

Depuis tout petit, il veut être le «roi du monde», a confié sa soeur Rachel à son biographe, Andrew Gimson. Aîné d'une fratrie de quatre, il suit le parcours classique de l'élite britannique : Eton College puis l'université d'Oxford.

Il entame ensuite une carrière journalistique au Times, qui le licencie à peine un an plus tard pour une citation inventée. Le Daily Telegraph le repêche et l'envoie à Bruxelles, de 1989 à 1994. A coup d'outrances et d'approximations, il bouscule la couverture des institutions européennes et devient «le journaliste favori» de la Dame de fer, Margaret Thatcher.

À cette époque, son premier mariage se délite et il renoue avec une amie d'enfance, Marina Wheeler, avec qui il aura quatre enfants. Le couple se sépare en 2018. Boris Johnson fréquente depuis Carrie Symonds, une spécialiste en communication de 24 ans sa benjamine.

Élu député en 2001, il ravit la mairie de Londres aux travaillistes en 2008 et acquiert alors une stature internationale. Avec quelques réussites emblématiques, comme l'organisation des Jeux olympiques. Et des échecs, comme son projet de pont-jardin sur la Tamise, qui aura coûté des dizaines de millions de livres sans aboutir.

En 2016, il choisit le camp du Brexit au dernier moment. «Je ne pense pas qu'il ait une opinion extrêmement sophistiquée sur le Brexit», confie Pascal Lamy, l'ancien patron de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui connaît la famille Johnson. «La seule chose à laquelle croit Boris Johnson, c'est Boris Johnson».

Dans la campagne de 2016, il promet au Royaume-Uni, débarrassé des «entraves» de l'UE, un avenir radieux, où il contrôlera son immigration et récupèrera les millions versés à l'UE pour les consacrer à son système de santé --un engagement basé sur un chiffre faux.

Une fois voté le Brexit, il s'apprête à briguer Downing Street mais il est trahi par son allié Michael Gove, qui se met sur les rangs et le proclame inapte à la fonction. Il renonce, Theresa May est choisie par le Parti conservateur et lui confie les Affaires étrangères.

Il y reste deux ans, s'attirant la réputation de dilettante gaffeur. Sans se priver de mettre des bâtons dans les roues de Theresa May, avant de lui ravir le pouvoir.

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