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Les syndicats dénoncent une autre promesse brisée

Charles Lecavalier | Journal de Québec

Avec des hausses salariales de 7 % en cinq ans, le gouvernement Legault offre moins que l’inflation à la majorité des travailleurs du secteur public, ce qui a provoqué la furie des syndicats.

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Québec offre des augmentations salariales en dessous de l’inflation à ses employés

Seuls les 145 000 enseignants et préposés aux bénéficiaires auront droit à «des considérations particulières», mais le montant offert n’est pas encore connu. Québec a une marge de manœuvre d’environ 100 M$ par année pour les contenter. «On respecte la capacité de payer de la population», a expliqué le président du Conseil du trésor Christian Dubé jeudi en conférence de presse.

Québec offre également un montant forfaitaire de 1000 $ aux 350 000 employés à l’échelon maximum de leur convention collective. Il s’agit selon lui d’un «incitatif de rétention». Si on additionne ce boni de 1000 $ et les mesures pour les profs et les préposés, l’impact sur la masse salariale du gouvernement atteint 9 % sur cinq ans, soit près de l’inflation prévue de 10,2 %, a-t-il plaidé.

«Insultant», «irresponsable», «méprisant» : les syndicats manquaient de mots pour qualifier l’offre gouvernementale. Ils accusent M. Dubé de «jeter de l’huile sur le feu» avec une proposition qui «appauvrit les employés de l'État».

Ils rappellent que le premier ministre François Legault a dit dans le passé qu’il prévoyait «une augmentation équivalente à l’inflation», soit environ 2 % selon les estimations de son gouvernement.

Manque de respect

Gabriel Nadeau-Dubois de Québec solidaire s’en est également pris à M. Dubé. «Monsieur a un salaire de ministre et une pension de la Caisse de dépôt, mais pour les gens qui travaillent pour lui, qui prennent soin de nos aînés, de nos enfants et de nos institutions, l’inflation, c’est déjà trop. Quel manque de respect», a-t-il déploré sur les médias sociaux.

De son côté, M. Dubé soutient qu’il s’agit d’une première offre, et qu’il est évidemment prêt à négocier. Il a donné l’exemple de Martin Coiteux, qui présidait la négociation de 2015, en période d’austérité budgétaire. «Rappelez-vous que les offres sur cinq ans étaient de 3 %. Et on a fini à 7,5 %, incluant le forfaitaire. Aujourd’hui, on a un dépôt à 7 % plus le forfaitaire. Je me limiterais à ce commentaire-là pour commencer», a indiqué M. Dubé.

Plus qu’un café au McDo

Pour les enseignants et les préposés, deux nouvelles tables de négociations seront créées. C’est là que se discuteront les «mesures à valeur monétaire à déterminer, dédiées aux groupes prioritaires». Il ne s’agit pas nécessairement de hausses salariales supplémentaires. Pour les profs par exemple, la CAQ voulait faire sauter les quatre premiers échelons à l’embauche. Cette mesure coûterait de 40 à 60 M$. Pour les préposés aux bénéficiaires, la ministre de la Santé Danielle McCann a précisé que «ça va être plus qu’un café au McDo». Elle veut améliorer leurs conditions de travail de ces derniers et mettre fin à la pénurie d'emploi qui frappe ce corps de métier.

Avec la collaboration de Vincent Larin