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L’espion des vedettes accusé, puis libéré

Kathleen Frenette | Journal de Québec

Le crack informatique accusé d’avoir espionné le cellulaire de dizaines de personnalités publiques était comme un loup dans une bergerie, ayant aussi ses entrées à l'Assemblée nationale, à la Ville de Québec, chez Revenu Québec et chez Desjardins.

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C’est à titre de consultant informatique pour Conseil TI Newcolorz, la compagnie dont il était le président, que Pascal Desgagnés aurait réussi, pendant près de six ans, à voler et frauder l’identité d’une trentaine de personnes.

Selon notre Bureau d’enquête, l’homme de 45 ans aurait d’abord navigué sur le dark web pour obtenir des logiciels lui permettant de pirater les données. Par la suite, c’est via le Icloud qu’il aurait réussi à épier ses victimes.

 

Fin de contrat

Jeudi, à la suite de la comparution du présumé pirate informatique, Revenu Québec et l’Assemblée Nationale ont fait savoir qu’ils avaient mis fin à leur collaboration avec l’accusé qui avait des accès «très limité».

«Il avait uniquement accès à un système de planification et de suivis de projets et n’avait pas accès aux dossiers fiscaux», a fait savoir Geneviève Laurier chez Revenu Québec.

Du côté de l’Assemblée Nationale, des vérifications «sont actuellement faites» et, selon Julie Champagne, porte-parole, il est impossible, «pour le moment», de dire si l’accusé a écouté ou non les conversations des députés.

À la Ville de Québec, la direction a confirmé que Pascal Desgagnés avait collaboré avec la municipalité comme consultant notamment avec la firme Fujitsu de 2011 à 2012 et n’avait pas accès «aux systèmes et données sensibles de la Ville» a souligné le porte-parole, David O’Brien.

Remis en liberté

Lors de son passage en Cour, malgré une nuit passée en détention, l’homme qui ne possède aucun antécédent judiciaire semblait étrangement calme.

 

Aux accusations de vol et de fraude à l’identité s’ajoute celle de méfait à l’égard de données informatiques, d’utilisation non autorisée d’un ordinateur et d’utilisation frauduleuse d’un mot de passe.

La procureure rattachée au Bureau de la grande criminalité et des affaires spéciales, Me Dana Cernacek, ne s’est toutefois pas opposée à sa remise en liberté et chacune des conditions a fait l’objet d’une vérification entre l’avocate de la défense, Me Caroline Gravel et son client pour s’assurer que les engagements soient respectés à la lettre.

L’utilisation de réseau sans fil ou encore d’Internet lui a été interdite sauf entre 7h et 21h «dans le cadre d’un travail légitime et rémunéré» et il pourra bénéficier d’une exception pour utiliser Netflix, Tout.TV et Playstation.

Conditions de remise en liberté strictes

- Interdit de communiquer avec 32 personnes

- Interdit d’accéder aux médias sociaux

- Interdit de créer, posséder ou utiliser toute machine virtuelle

- Interdit de posséder tout dispositif capable de stocker des donnés

Si des appareils sont utilisés dans le cadre de son travail il doit:

- En fournir la liste complète à l’enquêteur

- Indiquer la marque

- Le type d’appareil

- Le nom du fabricant

- L’adresse physique de la carte réseau

- Aviser l’enquêteur de tout changement de travail ou de client

- avec la collaboration de Félix Séguin et Jean-Michel Genois-Gagnon

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