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Mort écrasé par 800 livres de fonte: le manque de formation en cause

Dominique Lelièvre | Journal de Québec

PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI

PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI

Le décès du chauffeur d’une dépanneuse de 35 ans, écrasé par deux tuyaux de fonte de plus de 400 livres chacun dans la cour d’un garage municipal de Québec, en juin dernier, est attribuable au manque de formation de cet homme et de l'employé de la ville qui l'aidait.

La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a dévoilé, jeudi, les conclusions de son enquête concernant l’accident qui a coûté la vie à Éric Bernier, un résident de Québec et un employé de la compagnie Remorquage Auclair, sur les terrains du garage de la Ville de Québec situé au 1615, rue Jean-Talon Ouest, à Charlesbourg.

Le 19 juin dernier, ni lui, ni l’opérateur d’une chargeuse qui travaille pour la Ville de Québec n’avaient reçu de consignes claires pour les tâches à effectuer.

Pour cette raison, les travailleurs ont improvisé une méthode de travail qui s’est avérée fatale, a conclu la CNESST.

Les deux hommes déchargeaient six tuyaux de fonte pesant chacun 413 livres chacun qui se trouvaient sur le camion de la victime.

Mais pour gagner du temps, ils ont préféré utiliser des fourches, lesquelles étaient attachées à la chargeuse, pour soulever les six tuyaux.

L’homme décédé était positionné sur la plateforme de sa dépanneuse pour guider l’opérateur de la chargeuse. Il n’aurait pas dû se trouver à cet endroit, note la CNESST, car il était susceptible d’être heurté par les lourds objets.

Lors de la dernière phase de déchargement, trois tuyaux ont roulé vers le travailleur qui a fait une chute de plus d’un mètre. Une fois au sol, deux d’entre eux l’ont heurté de plein fouet. Son décès a été constaté à l’hôpital.

«L’absence de formation spécifique des travailleurs et de consignes de travail claires en lien avec la manutention de matériaux à l’aide d’une chargeuse sur roue munie de fourches de levage, jumelée à l’absence de supervision directe dans la cour du garage municipal font en sorte que les travailleurs improvisent une méthode de travail qui s’avère dangereuse», écrivent les inspecteurs dans leur rapport.

Dans un communiqué de presse, la Ville de Québec a dit prendre «acte» de ces conclusions, et mentionné avoir mieux formé ses employés depuis et avoir toujours offert sa pleine collaboration à la CNESST.