/news/law

Un admirateur de Marc Lépine se dit «intellectuel»

Yves Poirer | TVA Nouvelles

 Un admirateur de l’auteur de la tuerie de la Polytechnique accusé d’avoir fomenté la haine envers les femmes sur Internet a livré jeudi au Palais de justice de Montréal un témoignage étonnant et décousu devant le juge, se déclarant un «penseur», un «intellectuel des problèmes homme-femme» et «prisonnier d’opinions» qui clame la liberté d’expression. 

 À LIRE ÉGALEMENT 

 Un blogueur qui vénérait le tueur Marc Lépine est arrêté 

 Le blogueur qui vénérait Marc Lépine prêt à se couper d’internet 

 Elle aurait été victime du blogueur antiféministe Jean-Claude Rochefort pendant 4 ans 

 Jean-Claude Rochefort arrêté la semaine dernière par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), soit quelques heures avant la commémoration des 30 ans de la tragédie de la Polytechnique, était de retour devant le tribunal pour subir son enquête sur sa remise en liberté. 

 L’avocate de la couronne, Me Josiane Laplante, a fait état des nombreuses publications de Jean-Claude Rochefort publiées sur son blogue. 

 Parmi les citations faisant référence à la tuerie de l’École Polytechnique, l’accusé de 70 ans a écrit que Marc Lépine avait «tué des femmes pour épargner les hommes», que «les féministes en ont profité pour démoniser les hommes», que «des milliers d’heureux ont retrouvé leur dignité d’homme et de père», que «les femmes prennent de plus en plus de place dans le monde existant» et «qu’on rêve d’une terre où les femmes ne seraient pas féministes.» 

 Jean-Claude Rochefort avait été arrêté en 2009 pour sensiblement les mêmes infractions, a expliqué Me Laplante. Il agissait sous le pseudonyme de Rick Flashman. Sur son blogue, ses propos étaient accompagnés de montages photos de Marc Lépine avec des armes. 

 Déclaration de Jean-Claude Rochefort 

 Mardi matin, l’accusé est allé à l’encontre de l’avis juridique de son avocat. Jean-Claude Rochefort a insisté pour lire une déclaration écrite devant le juge. Un exposé durant lequel il s’est dit dépassé par la popularité de ses textes sur le masculinisme extrême et inquiet de voir qu’ils étaient lus par des milliers d’internautes dont des jeunes dans la vingtaine. 

 «Je suis un prisonnier d’opinions et un prisonnier politique. Ma cause est politique, sociale, philosophique et non criminelle. Je suis un penseur, un intellectuel des problèmes homme et femme. J’ai toujours eu peur de cette puissance féministe qui faisait en sorte qu’on pouvait perdre notre job. Si on s’exprime sur la question homme femme, on s’en va en prison.» 

 S’il est trouvé coupable, il est passible d’une peine maximale de deux ans. 

 Son avocat, Me Marc-Olivier Carrier, doit convaincre le juge de libérer son client. Parmi ses arguments, Me Carrier a notamment affirmé que Jean-Claude Rochefort attaque le féministe mais ne menace pas de prendre les armes. Il a possède peu d’antécédents mais ils ne sont pas en matière de violence. «Ça n’a pas d’lair d’un homme dangereux», a fait valoir Me Carrier.