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Violence conjugale : Ingrid Falaise critique durement le système de justice

Raphaël Lavoie | Agence QMI

Photo d'archive, Ben Pelosse

Appelée à commenter le drame familial découvert mercredi dans l’Est de Montréal, l’auteure et comédienne Ingrid Falaise a durement critiqué le système de justice québécois qui, selon elle, laisse tomber les victimes de violence conjugale.

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Elle soutient que les intervenants du système de justice québécois sont mal outillés pour traiter les cas de violence conjugale, alors que le phénomène n’est «tellement pas pris au sérieux», croit-elle.

«On est mieux protégé si on se fait tabasser dans la rue par un inconnu que quand on se fait tabasser par un conjoint, parce qu’il y a encore des préjugés, il y a encore des tabous», a-t-elle soutenu en entrevue à QUB radio, mercredi. .

Mme Falaise, qui a elle-même été victime de violence conjugale, est notamment l’auteure du récit autobiographique «Le Monstre» et plus récemment d’un documentaire qui traite du sujet.

Également conférencière, elle a confié au micro de Geneviève Pettersen avoir été approchée par plusieurs femmes qui lui ont parlé de leur passage souvent difficile devant les tribunaux pour faire face à leur conjoint violent.

«Ce que je reçois maintenant, c’est: “OK, moi je suis allée en cour, voici ce que le juge m’a dit: ça ne devait pas être si pire madame si vous êtes restée”. C’est ce que les juges leur disent. Ça pis une claque dans la face, c’est la même chose. Elles ne sentent pas écoutées, comprises, elles se sentent jugées», a raconté l’auteure à l’émission «Les Effrontées».

La comédienne et conférencière demande donc que les réformes souhaitées depuis tant d’années soient finalement mises en chantier, mais, qu’avant toute chose, les juges et avocats déjà en place soient formés pour mieux comprendre la violence conjugale et toutes ses dimensions.

«Qu’ils arrêtent de vivre avec des œillères, qu’ils arrêtent de fermer les yeux, qu’ils arrêtent de vivre dans un monde de stéréotypes et de préjugés et qu’ils aient plus de temps aussi pour écouter les causes. J’aimerais vraiment que chaque juge et chaque avocat soit spécialisé lorsqu’ils prennent des victimes de violence conjugale ou lorsque c’est ce qu’ils ont à défendre en cour. Quand tu n’es pas formé, tu ne peux pas comprendre», a-t-elle conclu.