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2500$ d'amendes pour être restés ouverts trop tard

Yves Poirier | TVA Nouvelles

 Alors que plusieurs commerces montréalais se meurent, des disquaires de la rue Bernard et du boulevard Saint-Laurent ont reçu au cours des derniers jours des contraventions salées du gouvernement du Québec pour avoir dépassé de quelques minutes l’heure obligatoire de fermeture de 17h, le week-end.  

 Les propriétaires et copropriétaires des commerces Sonorama, Phonopolis et La Rama ont tous confirmé jeudi à TVA Nouvelles avoir reçu des contraventions qui varient de 2500$ à 2900$ en vertu d’une loi provinciale sur les règlements des heures d’ouverture qu’ils ignoraient.  

 Ils ont l’intention de contester les contraventions émises au moment où la survie de commerce de détail n’est pas toujours évidente en ville, selon eux.  

 La visite surprise de l’inspecteur du gouvernement chez ces commerçants du Mile End remonte au mois d’avril, alors que les disquaires d’un bout à l’autre du pays fêtaient la journée nationale du disque vinyle (Record Store Day).  

«L'inspecteur est arrivé à 5h45 en disant que le samedi, les magasins doivent fermer à 17 h», explique Eduardo Cabral, copropriétaire de Sonorama.

 L’ambiance dans ces commerces était à la fête, l’événement est culturel et artistique, racontent les propriétaires. Ils affirment avoir dépassé exceptionnellement l’heure de fermeture de 17h le printemps dernier et assurent qu’il ne s’agit pas d’une habitude. Ils réclament aujourd'hui des exemptions pour leur secteur étant donné la nature culturelle et touristique de leurs activités.  

Le porte-parole de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, Gopinath Jeyabalaratnam, esimt que cette règlementation constitue «un parfait exemple du manque de sensibilité» du gouvernement envers les petites entreprises.  

De son côté, la mairesse de Montréal Valérie Plante s'est engagée à revoir la règlementation sur les heures d'ouverture des commerces pour la rendre plus flexible et à consulter les sociétés de développement commercial. «Les habitudes de consommation changent et il n'y a pas un modèle ou une formule qui s'applique à tout le monde. Ça dépend toujours du type de commerce», a-t-elle affirmé.

 Les amendes imposées représentent par ailleurs des semaines sinon des mois de salaire pour ces petits commerçants. «Ça casse le party pour moi mais aussi pour les clients», résume Kris Guilty, du disquaire La Rama.

 TVA Nouvelles a pu constater la présence de locaux vacants dans le Mile-End. Les disquaires déplorent l’attitude du gouvernement du Québec au moment où plusieurs petits commerces, déjà taxés, se battent pour leur survie.