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L'Association de l'aluminium du Canada soutient désormais l'ACEUM

Agence QMI

Face aux préoccupations récentes concernant le secteur de l’aluminium, plusieurs voix ont réclamé vendredi la ratification du nouvel accord de libre-échange nord-américain.

C’est le cas notamment de l'Association de l'aluminium du Canada qui estime que l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) va permettre «de renforcer les relations du Canada avec son principal partenaire commercial, les États-Unis».

Jean Simard, président et chef de la direction de l'Association de l'aluminium du Canada, a réitéré vendredi que cet accord apportera des avantages importants à l'économie canadienne dans son ensemble et à son industrie.

L’Association s'était d'abord dite déçue, plus tôt cette semaine, que le secteur de l'aluminium n'ait pas obtenu une protection aussi rigoureuse que celui de l'acier lors des derniers ajustements apportés au nouvel ALENA.

L'organisation a toutefois précisé qu'elle ne voyait pas là une raison pour bloquer la ratification de l'ACEUM, comme des travailleurs de l'aluminium le réclament.

Dans son communiqué, l'ACEUM vient donc réaffirmer fortement ses appels à une collaboration de tous les parlementaires en vue d'une ratification imminente de l'ACEUM.

Plusieurs représentants du milieu des affaires du Québec y sont allés du même message, vendredi.

C’est le cas du Conseil du patronat du Québec (CPQ), de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), de Manufacturiers exportateurs du Québec (MEQ), de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), du Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ) et de l'Association de la construction du Québec (ACQ).

L'ACEUM, dont les amendements ont été approuvés cette semaine, vient renforcer les règles d’origine de l’aluminium et de l'acier entrant dans la fabrication des voitures. Le Mexique doit ainsi faire son approvisionnement en Amérique du Nord, à hauteur de 70 %.

Or, on déplore qu'un flou demeure dans la définition même de ce qui permet de dire que l’aluminium provient d’Amérique du Nord. On craint que de l’aluminium acheté au rabais auprès de la Chine, puisse, après une légère transformation, être déclaré de provenance nord-américaine.

Pour l’acier, c’est différent. Le texte des amendements apportés à l’ACEUM précise que l’acier doit être coulé et fondu sur le territoire d’un des pays signataires, protection supplémentaire que n’a pas obtenue l’industrie de l’aluminium.

Reste que pour l’Association, cet accord «fournit un cadre durable et prévisible pour notre commerce et jette les bases d'une modernisation de la façon dont nos trois pays font des affaires afin de tirer le meilleur parti de cet espace commercial renouvelé», a-t-on précisé.

De son côté, le syndicat Unifor a dit prendre acte de cette sortie, la qualifiant de «signal positif», tout en estimant qu'il est injuste que l'aluminium ne bénéficie pas du même traitement que l'acier.

«Quoi qu'il en soit, Unifor a bien l'intention de travailler en collaboration avec tous les acteurs pour s'assurer que la situation ne mette pas en danger les emplois ici au Québec», a fait savoir Renaud Gagné, directeur québécois d'Unifor.

À Ottawa, le député bloquiste Mario Simard, qui représente la circonscription de Jonquière, fait peu de cas des sorties de vendredi et continue de croire qu'il faut rouvrir les négociations de l'accord commercial.

Le Bloc québécois, fort de 32 élus, menace de voter contre la ratification de l'ACEUM si l'industrie de l'aluminium n'obtient pas le même degré de protection que l'acier.

«Moi, je ne défends pas les intérêts des alumineries [NDLR: les producteurs]. Je défends les intérêts des travailleurs», a dit M. Simard, en suggérant que l'Association espère s'en tirer en obtenant des compensations.