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Appel à la vigilance pour détecter la détresse et la violence

Valérie Gonthier | Le Journal de Montréal

 À l’approche des Fêtes, un organisme d’aide aux victimes en appelle à la vigilance pour détecter des signaux d’alarme que pourraient envoyer des proches en détresse. 

 « Le temps des Fêtes est un moment où des personnes peuvent être plus vulnérables. Pensons à un parent qui voit moins ses enfants en cette période plus symbolique pour certains. D’où l’importance pour les proches d’être attentifs à cela », a expliqué Marie-Christine Michaud, criminologue au Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC). 

 L’organisme tenait à envoyer ce message en réaction au triple meurtre survenu cette semaine dans le quartier Pointe-aux-Trembles. C’est la deuxième fois en sept semaines qu’un père montréalais souffrant de troubles mentaux aurait décimé sa famille avant de s’enlever la vie. 

Des lumières rouges

 Certes, la détresse et la violence conjugale sont des problématiques présentes toute l’année. Mais dans le temps des Fêtes, certaines personnes peuvent être plus isolées qu’à l’habitude, ce qui peut faire déraper des situations déjà fragiles. 

 « Il y a de petites lumières très importantes qui peuvent s’allumer : si on est témoin d’une personne harcelante, qui est violente verbalement ou psychologiquement, c’est important de s’assurer qu’un filet de sécurité est en place autour de la victime » a-t-elle dit. 

 Et dans ces cas, il est primordial d’être à l’écoute d’une personne qui vit de la violence conjugale, insiste Mme Michaud. Et bien souvent, une victime ne se présente pas ainsi, d’où l’importance d’être vigilants face aux signaux. 

 « Si une personne a cet immense courage de parler de la violence subie, il ne faut pas minimiser ce qu’elle vit. Il faut être là pour elle, ne pas la juger », a-t-elle insisté. 

 Elle rappelle qu’il existe plusieurs organismes qui peuvent venir en aide tant aux personnes victimes de violence conjugale qu’aux hommes en détresse ou leur entourage. 

Plusieurs sont touchés

 D’ailleurs, Mme Michaud indique que le CAVAC peut venir en aide aux personnes touchées de près, mais aussi de loin par des tragédies comme celles survenues à Pointe-aux-Trembles ou dans le quartier voisin de Tétreaultville, il y a moins de deux mois. Dans ce dernier cas, un père avait tué ses deux enfants de 5 et 7 ans, avant de s’enlever la vie. 

 « Cela touche plus de gens qu’on peut penser. Ils peuvent appeler nos services, même s’ils ne sont pas des membres de la famille. Certains se sentent porteurs du drame, vont avoir des effets traumatiques ou vont faire des cauchemars », a-t-elle expliqué.

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