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Accord de libre-échange: Legault et Blanchet en désaccord sur l’intérêt du Québec

Vincent Larin | Agence QMI

Le premier ministre François Legault et le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, se contredisent à savoir s’il est dans l’intérêt de la province d’appuyer la signature du «nouvel ALENA».   

À sa sortie d’une rencontre avec le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, vendredi, le chef de la Coalition avenir Québec a demandé au Bloc d’effectuer un virage à 180 degrés et d’appuyer la ratification de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).   

«Je pense que le Bloc québécois doit défendre les intérêts des Québécois, puis c’est dans l’intérêt des Québécois que cette entente soit ratifiée et adoptée», a-t-il indiqué en point de presse depuis son bureau de Montréal.   

  

  

Mardi, le chef du Bloc, Yves-François Blanchet, avait indiqué que son parti voterait contre la ratification de l'ACEUM si des concessions sont faites dans la protection des travailleurs du secteur de l’aluminium dont le Québec est un grand exportateur avec plusieurs alumineries au Saguenay-Lac-Saint-Jean, entre autres.   

Et il s’est montré inflexible sur ce point vendredi malgré l’appel de François Legault à changer.   

«Nous voulons la meilleure entente possible pour notre monde et c’est ce que les Québécois attendent de nous», a déclaré Yves-François Blanchet.   

Malgré des réserves sur certains aspects de l’entente, François Legault dit avoir été convaincu par l’abolition des barrières tarifaires pour l’aluminium comme prévu par l’ACEUM.   

«Comme vous le savez, on a une balance commerciale positive d’une vingtaine de milliards de dollars avec les États-Unis, donc c’est très important de protéger ce marché, a-t-il maintenu en marge de sa rencontre avec Justin Trudeau. Même si l’entente n’est pas parfaite, il y a beaucoup plus d’avantages que de désavantages.»   

Le premier ministre du Québec aurait souhaité que l’ACEUM contienne une clause obligeant les trois pays signataires à utiliser 70 % de provenance locale pour leurs manufactures. La clause d’évitement grâce à laquelle le Mexique peut continuer d’importer de l’aluminium chinois, moins cher, lui déplaît également, a aussi précisé François Legault.   

Rappelons que le gouvernement Trudeau, en position minoritaire, doit obtenir l’appui d’au moins un parti d’opposition afin d’aller de l’avant avec l’ACEUM.   

Du côté du transport en commun, même s’il «reste des choses à finaliser», François Legault a annoncé «un accord» avec le gouvernement fédéral sur l’importance de financer plusieurs projets.   

Québec aimerait voir Ottawa sortir le chéquier pour payer jusqu’à 40 % de ces projets, qui incluent notamment la construction de tramways dans la grande région de Montréal, à Québec et à Gatineau.   

«On a plusieurs projets au Québec de transport en commun, à Québec, à Montréal, sur la Rive-Nord de Montréal, sur la Rive-Sud de Montréal, à Gatineau, et évidemment on souhaite que le gouvernement fédéral soit au rendez-vous pour aider à financer une partie de ces projets-là qui vont aider à réduire les émissions de GES (gaz à effets de serre)», a-t-il expliqué.   

Concernant sa Loi sur la laïcité de l’État, qui interdit le port de signes religieux pour les employés de l’État en position d’autorité, le premier ministre François Legault dit avoir insisté auprès de Justin Trudeau afin qu’il «respecte la décision de la nation québécoise» malgré son désaccord. 

L’infrastructure, le projet de train à grande fréquence de VIA Rail, l’environnement et la lutte contre les changements climatiques, la taxation du numérique, la santé et le rôle de l’immigration pour faire face à la pénurie de main-d’oeuvre ont également fait partie de leurs discussions.