/news/culture

La féerie de «Casse-Noisette»

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

Le temps des Fêtes s’installe doucement et emmène avec lui l’attendrissante tradition de «Casse-Noisette», des Grands Ballets canadiens, à la Salle Wilfrid-Pelletier. Majestueuse et réjouissante, l’intemporelle fresque familiale dégage un charme inouï qui explique sa longue durée de vie.

Le ballet de Fernand Nault revient enchanter petits et grands pour une 56e édition et ne faiblit surtout pas d’envergure avec les années.

Spectacle ayant tenu l’affiche le plus longtemps dans une même salle au Canada, «Casse-Noisette» regroupe 165 personnages se partageant plus de 350 costumes sur scène, et nécessite le talent de 300 personnes travaillant de près ou de loin sur la production.

Les robes et autres tenues de «Casse-Noisette», absolument magnifiques, ainsi que les grandioses décors sont restaurés chaque année au coût de 180 000 $. De quoi plaire aux 45 000 personnes de tous âges qui s’émeuvent chaque décembre devant l’histoire de Clara et son fidèle casse-noisette.

Bal et friandises

Tout est adorable dans «Casse-Noisette». La farandole de couleurs qui virevolte dans la scène du bal, devant l’immense sapin, constitue un pur ravissement. Les garçonnets et fillettes sautillants avec leurs cadeaux en main, les danses des couples rythmées par le tourbillon des longues jupes des dames, les petits pieds adroits des gamins danseurs qui ne s’enfargent dans à peu près aucun faux pas, entre cheval de bois et mini-berceaux: on souhaiterait tous être invités à cette fête somptueuse, qui ne renvoie que rires et plaisir.

Forte, cette introduction à l’histoire de 1892, néanmoins immortelle, implante tout de suite la magie de Noël, la tendresse et le bonheur de «Casse-Noisette», cet esprit rassembleur et juvénile qui nous fait instantanément retrouver notre cœur d’enfant. On l’admire, les yeux grands, et on se laisse bercer par sa féérie. Personne n’y résistera!

Puis, la jolie Clara (interprétée en alternance par Victoria Villegas Azuaje et Chléa Giguère) fait la rencontre de son précieux casse-noisette, pendant que son malcommode de petit frère Fritz (Eliot Ohayon-Manfredi et Roméo Gault) joue les trouble-fête. La nuit tombée, elle est visitée par souris, rats (minuscules, qui sont craquants!) et soldats de plomb.

L’ambiance dégénère, il y a lancer de soulier aux pouvoirs fantastiques, et l’unique casse-noisette se métamorphose en prince.

Le Pays des neiges, le Royaume des friandises: le voyage de Clara est sans fin, son émerveillement aussi, tout comme celui des spectateurs. L’échantillon de la danse des flocons dans un décor de sapins enneigés est à laisser pantois d’admiration, tout comme le segment angélique au retour de l’entracte, doux et vaporeux.

Amuseurs et personnages de toutes natures se succèdent dans le monde des sucreries où on gâte Clara de mille plaisirs, allant du chocolat et du café aux présences d’apprentis chefs cuisiniers hauts comme trois pommes vêtus de collants rayés et aux anges bienfaisants. Le fantasque Roi des bonbons, apparaissant partout, sa longue canne mentholée à la paume, ajoute encore plus de caractère clownesque à «Casse-Noisette». Attachant, folichon, il se pointe toujours au bon moment et enthousiasme avec sa fantaisie.

Un long et emballant pas de deux plus tard, le cygne aux ailes d’or passe en trombe sur la scène de Wilfrid-Pelletier et ramène Clara chez elle, refermant ce livre de ce conte à la poésie toute enfantine, parsemé de quelques pointes d’humour, dont la chaleur nous enveloppera longtemps après la tombée du rideau.

«Casse-Noisette», des Grands Ballets canadiens, est présenté à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts jusqu’au 30 décembre.