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La sœur de la mère tuée connaissait les problèmes de son beau-frère

Frédérique Giguère | Le Journal de Montréal

La sœur de la mère de famille assassinée avec ses deux garçons en début de semaine dans l’est de Montréal connaissait les graves problèmes de santé mentale de son beau-frère, mais n’aurait jamais cru qu’il serait capable d’une telle violence.  

« Il m’a enlevé une partie de moi, il a brisé ma vie, ma famille, je ne pourrai jamais lui pardonner », souffle Amel Khellaf, qui a accepté de se confier au Journal jeudi après-midi, chez elle, afin de rendre un hommage à sa sœur. 

Lorsqu’ils se sont rencontrés, il y a une dizaine d’années, Dahia Khellaf vivait au Québec, alors que Nabil Yssaad était établi en Allemagne. Le couple, alors amoureux, s’est marié en 2012 en Algérie avant de s’établir au Québec dans le but de fonder une famille.  

Dès les premiers mois de cohabitation, la femme a remarqué que quelque chose clochait chez son nouvel époux. 

« Il était bizarre, elle voyait qu’il avait des problèmes de santé mentale, confie Mme Khellaf. Il pouvait dire des choses d’une méchanceté inouïe, et quelques minutes plus tard, il agissait comme si rien ne s’était passé. » 

Aide psychologique 

Dahia Khellaf avait tenté par tous les moyens d’aider son mari, notamment en l’incitant à aller chercher de l’aide professionnelle. Or, selon des proches, le simple fait de mentionner le mot « psychologue » irritait l’homme de 46 ans.  

Bien que personne de son entourage ne semble avoir été mis au courant, Nabil Yssaad aurait fini par accepter de se faire suivre en psychiatrie, selon nos sources. Or, il était trop tard pour sa femme, qui l’avait quitté depuis quelques mois. 

La mère de famille s’était aussi confiée à sa voisine immédiate sur ses problèmes de couple.  

« Je lui avais même demandé directement si elle croyait qu’il ferait quelque chose aux enfants, et elle était convaincue que non, parce qu’il aimait vraiment ses petits », raconte Latifa Sail.  

Bien qu’elle soit dans l’incompréhension totale face au geste qu’il aurait posé envers sa sœur, Amel Khellaf n’en croyait simplement pas ses oreilles lorsqu’on lui a annoncé qu’il aurait également pris la vie de ses deux fils, Aksil, 2 ans, et Adam, 4 ans.  

« Il adorait ses garçons. Quand il arrivait à la maison, ils sautaient sur lui et criaient “Papa ! Papa !” confie-t-elle, incapable de retenir ses larmes. Un vrai père, ce n’est pas ça. Un vrai père, ça aime ses enfants et c’est fier de ses enfants. » 

Amoureuse du Québec 

Selon sa sœur, Dahia Khellaf était une amoureuse du Québec. Elle s’y était installée seule quelques années avant son mariage pour se bâtir un meilleur avenir. Elle travaillait à la Banque Laurentienne et étudiait afin de devenir conseillère financière. Depuis sa séparation, elle mettait les bouchées doubles afin que ses garçons ne manquent de rien. 

Selon sa sœur, elle voulait toutefois que Nabil Yssaad demeure très présent dans la vie de ses fils, pour leur bien-être. Or, récemment, elle s’était confiée sur son mécontentement face au fait que son ex parlait d’elle de façon négative aux enfants.  

Mais personne n’aurait pu se douter du carnage que Nabil Yssaad aurait commis cette semaine. Tout a commencé avec son suicide au Centre hospitalier de Lanaudière, près de Joliette, mardi matin.  

Quelques heures plus tard, les policiers de Montréal se sont présentés au domicile de Dahia Khellaf, place des Pointeliers, pour lui annoncer la triste nouvelle. Sans réponse, les agents sont revenus le lendemain matin, mais encore une fois, personne ne leur a répondu. Inquiets, les agents sont entrés par une porte qui n’était pas verrouillée. C’est à ce moment qu’ils ont fait la découverte des trois corps, soit la femme et ses deux petits. Tout indique qu’ils ont été étranglés. 

Une enquête du coroner a été lancée afin d’établir les circonstances du drame. Comme Dahia Khellaf s’est rendue au travail lundi, le meurtre a été commis entre lundi soir et mardi matin. 

La police poursuit son enquête afin de comprendre notamment pourquoi il s’est enlevé la vie près de Joliette, à environ 60 kilomètres de Montréal.