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«On n’a plus de maman, parce qu’elle n’a pas vu de médecin»

TVA Nouvelles

Les filles d’une femme qui a perdu la vie après avoir passé 12h à l’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont sont en colère.

Le 7 décembre dernier, Jocelyne Boivin ne se sentait pas bien, avait du mal à respirer, et ressentait de vives douleurs au dos. Inquiète, la dame qui n’avait pas vu de médecin depuis 10 ans se rend à l’urgence.

Après avoir été examinée au triage, où on lui dit que ses signes vitaux sont normaux, Mme Boivin est placée sur une civière, plusieurs heures après son arrivée. Les infirmières vérifient son état pendant qu'elle attent un médecin, la dame est en douleur mais ses signes vitaux sont normaux.

Son état se détériore rapidement au matin du 8 décembre, près de 12 heures après son arrivée à l’hôpital. Elle se met à vomir, a de la diarrhée, et a de la difficulté à marcher.

Selon ses filles, elle subit un arrêt cardiaque lié à un anévrisme, elle est placée en salle de réanimation. L’équipe soignante n’arrivera pas à la réanimer. Elle meurt à 66 ans.

12 heures sans voir de médecin

Ses filles, Mélissa et Myriam Dionne, qui étaient au chevet de leur mère, sont encore sous le choc.

Elles dénoncent le fait qu’elle n’a pas été prise en charge par l’hôpital 12 heures après s’être rendue aux urgences, pour un problème urgent.

Elles sont conscientes que la rencontre avec un médecin n’aurait peut-être pas permis de déceler l’anévrisme et la crise cardiaque, mais les auraient certainement rassurées.

«On nous a dit que si elle avait été vue dans la nuit, elle aurait peut-être eu une chance d’être sauvée, elle aurait peut-être été opérée d’urgence, et aurait peut-être survécu. Malheureusement, ils ne pouvaient rien garantir compte tenu de son état de santé», explique Mélissa Dionne.

capture d'écran | TVA Nouvelles

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C’est le temps d’attente qu’elles jugent inacceptable.

«Moi quand j’ai quitté à 8 heures, c’était inscrit ''24 heures d’attente'' pour voir un médecin! C’est là où je trouve ça difficile, parce que ça ne devrait pas être comme ça!», juge l’autre fille de Mme Boivin, Myriam, la voix étranglée par les sanglots.

«On n’a plus de maman, tout ca parce qu’elle n’a pas vu de médecin rapidement», ajoute-t-elle avec difficultés.

«Malheureusement, ce n’est pas la première fois que ça se produit à cet hôpital, Pierre Blain, de l’organisme Les usagers de la santé du Québec. Ça s’est déjà produit dans le passé, où une personne avait attendu 12 heures et elle était décédée sur une chaise. Donc, pour moi, il y a un manque de procédures [...] mises en place depuis même depuis ce temps-là.»

Le CIUSS de l’Est de Montréal se dit très sensible à la situation vécue par la famille.

«Il est trop tôt pour tirer des conclusions, une analyse est en cours pour comprendre ce qui s’est passé et cela va permettre de voir des pistes d’amélioration nécessaires. On ne peut pas commenter le cas en question, mais on rappelle que les gens qui se présentent à l’urgence sont évalués de façon systématique selon un processus de triage standardisé. Les gens sont ainsi pris en charge», indique le CIUSS par courriel.

Les filles de Mme Boivin souhaitent aller jusqu’au bout pour obtenir des réponses. Elles comptent notamment porter plainte auprès de l’ombudsman de l’hôpital.

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