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Source de stress pour plusieurs locataires

Guillaume Cyr | Agence QMI

GUILLAUME CYR/24 HEURES/AGENCE QMI

Trouver un endroit pour se loger peut devenir un véritable casse-tête à Montréal ces jours-ci, alors que plusieurs personnes passent d’innombrables heures à chercher sur des sites d’appartements à louer pour ne finalement rien dénicher.

En quelques heures à peine, des propriétaires peuvent recevoir une centaine de messages, sur Kijiji ou sur Facebook, et louer leur appartement en moins de quelques heures.

Cette réalité oblige les locataires à être rapides sur la gâchette afin de se trouver un appartement, et peut engendrer son lot de stress et de découragement.

Amély Soucy, qui étudie pour devenir préposée aux bénéficiaires, est originaire de Montréal, mais vit actuellement à Saint-Hyacinthe, en Montérégie. Elle est incapable de trouver un appartement 3 et demi dans un quartier central de Montréal, comme Hochelaga-Maisonneuve ou Verdun, pour revenir dans sa ville natale.

«Ça me rend folle. Je me lève parfois durant la nuit ou je prends du temps dès que j’ai des pauses pour regarder les appartements libres. J’y passe beaucoup d’heures», a-t-elle exprimé.

Le taux d'inoccupation, déjà très faible en 2018 alors qu'il se situait à 1,9 %, semble continuer de chuter et devrait être de 1,4 % pour 2019, selon des prévisions de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL). Il se stabiliserait ensuite à 1,3 % pour les années 2020 et 2021, du jamais vu depuis 2003.

«La jungle»

Arianne Guay, étudiante en fin de baccalauréat, se plaint du même phénomène. Elle explique, entre autres, qu’il faut répondre très rapidement aux annonces pour avoir une chance de louer un appartement, même en se fixant un budget de 1050 $ pour un 4 et demi.

«C'est la jungle actuellement, c'est vraiment difficile de trouver quelque chose. En ce moment, nous sommes complètement stressées, exténuées et découragées par le processus de recherche de logement. Nous passons une bonne partie de notre temps libre à scruter les annonces Kijiji et les groupes Facebook», dit celle qui cherche un logement pour sa colocataire et elle.

Mme Guay mentionne même que parfois, lorsqu’elle arrive à un logement à visiter, elle se retrouve dans une longue file d’attente, et le propriétaire ne répond tout simplement pas.

«Une fois, nous avons été plus de 30 personnes à postuler pour l'enquête de crédit d'un appartement. Une autre fois, l'annonce a été publiée vers 19 h et nous avons tout de suite proposé à la dame de venir visiter le plus tôt possible. Elle ne nous a répondu que le lendemain matin; nous sommes allées vers 11 h 30 et un couple nous avait déjà devancé et entrepris le processus pour l'enquête de crédit», déplore-t-elle.

L’équipe du «24 heures» a tenté l’expérience en affichant brièvement une annonce pour un 4 et demi à 800 $ près de la station de métro Iberville, sur la ligne bleue. En 15 minutes seulement, nous avons reçu près d'une dizaine d'appels.

Point de vue d’une propriétaire

Même si les propriétaires reçoivent un grand nombre de messages lors d'un affichage, ceux-ci ne sont pas toujours pertinents, souligne une femme qui possède un immeuble de six logements dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

La dernière fois qu'Anne Tourigny a eu un appartement de libre dans son bloc, elle a rapidement reçu une centaine de messages via le site de petites annonces Kijiji.

Cela dit, il lui a fallu faire le tri parce que les locataires n'étaient pas toujours sérieux.

«Après avoir demandé si c’était toujours libre ou demandé de connaître le nombre de chambres, les gens ne me rappelaient pas lorsque j’essayais d’entrer en contact avec eux», explique-t-elle. Parfois, seulement deux ou trois personnes étaient réellement intéressées, dit-elle.

Airbnb

Si les changements récents sur le marché immobilier peuvent assurer une certaine stabilité de locataires dans les immeubles, ils n'ont pas que des côtés positifs pour les propriétaires. Mme Tourigny s'est par exemple déjà fait piéger par un faux locataire, en 2012, qui a loué son appartement dans le but de le mettre sur Airbnb à son insu.

«Il m’avait donné l’entièreté du loyer pour un an. Je voyais des aller-retour constamment à mon appartement avant que je me rendre compte qu’il le louait pour se faire de l’argent», a-t-elle déploré.

Depuis, elle fait de plus amples vérifications afin de s’assurer de ne pas se faire piéger à nouveau.