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Un ancien goon de nouveau libéré

Dominique Scali | Journal de Montréal

PHOTO D'ARCHIVES, KARL TREMBLAY

L’ancien dur à cuir de la LNH Patrick Côté s’est à nouveau fait imposer une sortie de prison même s’il a tout fait pour retourner derrière les barreaux les deux dernières fois où il a retrouvé sa liberté. 

« Vous n’avez pas de réseau social, pas de soutien familial et aucune économie [...]. Votre plan de sortie est peu étoffé », peut-on lire dans une décision de la Commission des libérations conditionnelles du Canada rendue la semaine dernière.  

L’ancien hockeyeur de 44 ans a démontré à plusieurs reprises au cours des dernières années son manque de motivation à se reprendre en main, et même une volonté de rester emprisonné.  

Des Stars au cachot 

Originaire de Montréal, il avait porté les couleurs des Stars de Dallas et des Predators de Nashville dans les années 1990, s’illustrant comme un matamore.  

Dans les années 2000 et 2010, le goon s’est plutôt démarqué par sa toxicomanie et sa délinquance, multipliant les peines pour voies de fait, menaces, vols de voiture et de banque.  

Il y a environ un an, Côté a été libéré d’office comme l’exige la loi, ayant purgé les deux tiers de sa peine de près de six ans.  

Trois jours après sa sortie, il s’est rendu lui-même dans un poste de police, menaçant de briser des vitres de voiture s’il n’était pas remis en prison.  

Lors d’une autre libération d’office en 2016, il s’était empressé de commettre un vol de banque à Brossard, puis de se rendre aux autorités deux semaines après sa sortie. 

Ce mois-ci, Patrick Côté a de nouveau été libéré d’office avec une assignation à résidence. Pour les six mois qu’il lui reste à purger, l’homme fort devra habiter dans un centre résidentiel communautaire ou un autre établissement du genre, qui doit être approuvé par les services correctionnels. 

« Aucun privilège de sortie. Vous devez retourner chaque soir à l’établissement résidentiel », exige la Commission. 

Il devra également se plier à une longue liste d’interdits, comme ceux de consommer de l’alcool et de la drogue. Il devra aussi se chercher un emploi ou poursuivre des études, précise la décision. 

Risque élevé 

Les évaluateurs ne semblent toutefois pas se faire d’illusion sur son cas. Son potentiel de réinsertion sociale est « faible » et son risque de récidive « élevé », peut-on lire dans le document. 

La Commission évalue même que sur trois délinquants ayant un profil semblable au sien, deux récidiveront dans les trois ans suivant leur libération. 

« Votre capacité d’empathie demeure faible et vous présentez peu de capacités à résoudre des conflits de manière saine », indique la Commission. 

D’ailleurs, son comportement derrière les barreaux a été jugé « problématique ». Il a dû être placé en isolement, transféré de région, et a fait l’objet d’une hausse de cote de sécurité, note la Commission dans son rappel des faits. 

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