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En plus d’être en retard, ils coûtent une petite fortune

Pierre-Paul Biron | Journal de Québec

Comme si arriver en retard 90 % du temps n’était pas suffisant, les liaisons régionales de VIA Rail coûtent une petite fortune aux contribuables canadiens.  

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« Pour faire un dollar, ils en dépensent à peu près six », admet le maire de Senneterre, en Abitibi, qui tient toutefois à maintenir le service.   

Le maire de Senneterre, Jean-Maurice Matte, tient à la desserte régionale de VIA Rail. « C’est essentiel à notre occupation du territoire ».

Photo Courtoisie

Le maire de Senneterre, Jean-Maurice Matte, tient à la desserte régionale de VIA Rail. « C’est essentiel à notre occupation du territoire ».

Pour assurer la desserte en Abitibi et au Saguenay–Lac-Saint-Jean, il en coûtait l’an dernier entre 510 $ et 630 $ par passager en subvention versée à VIA Rail. Combiné, le manque à gagner sur ces lignes s’élevait à 11,6 M$ en 2018 seulement.   

« On est très conscient des chiffres que VIA Rail a sur ses lignes nordiques. C’est toutefois le mandat de VIA Rail [...] et on salue l’initiative », souligne Jean-Maurice Matte, qui assure que la collaboration avec la société de la Couronne est excellente.   

Long, très long   

Mais en plus de ces coûts importants, les liaisons régionales de VIA Rail n’offrent aucune ponctualité à leurs utilisateurs.    

Le retard moyen y dépasse la barre des deux heures et il est même arrivé à une quinzaine de reprises que le train arrive en gare avec plus de cinq heures de retard au cours des deux dernières années.   

« C’est sûr que les retards nuisent. Quand ça prend le double du temps pour aller à Montréal, ça devient moins intéressant de prendre le train », confie M. Matte.   

Qui utilise le train ?   

Avec de tels chiffres, l’attrait pour le train semble diminuer, tant au Saguenay qu’en Abitibi. L’achalandage y a diminué d’un peu plus de 10 % au cours des cinq dernières années.    

En 2018, seulement 10 800 personnes ont voyagé sur le Montréal/Jonquière, alors que 9600 ont utilisé son penchant abitibien.   

Alors, qui utilise les lignes régionales au Québec ?    

« Il y a encore une certaine clientèle. Ça rejoint plusieurs pourvoiries, des territoires ancestraux autochtones. C’est un élément essentiel de l’occupation de notre territoire et des services qu’on peut y donner », assure le maire de Senneterre.    

Pour ces raisons, VIA Rail confirme d’ailleurs le maintien des liaisons. « Nous demeurons engagés à servir ces communautés », a répondu par écrit la direction de l’entreprise.