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Une bonne dose d’humour pour dominer un cancer incurable

Anne-Sophie Roy | TVA Nouvelles

Mario Dandurand lors de son mariage le 22 novembre dernier.

Photo: Michel Bouthillier

Mario Dandurand a soufflé ses 28 bougies le 22 novembre dernier, date à laquelle il a célébré son union avec sa douce, Shayna Ritchie.

Se marier un vendredi de novembre peut sembler inusité. Pour Mario et Shayna, c’était plutôt le moment tout indiqué.

Deux mois plus tôt presque jour pour jour, le diagnostic tombe. Une lésion au cerveau avant droit. En d’autres termes, un cancer du cerveau, se situant entre les stades 3 et 4.

«Même si je déteste cette expression-là, ça fait partie de ‘’l’urgence de vivre’’» explique Mario.

«Au stade 4, le temps de vie estimé d’un patient se compte en semaine ou en mois» écrit Mario Dandurand dans un statut Facebook qui fait état de la situation.

«D’ici à ce qu’on se recroise, si vous voyez du financement ‘’ne payez rien avant 24 mois’’ venez m’écrire en privé, ça m’intéresse!» a ajouté le jeune homme de Saint-Jean-sur-Richelieu dans sa longue tirade.

Il a ainsi mis en branle le «plus magique des mariages» avec sa fiancée. Le terme magique n’est pas choisi par hasard, puisque cette soirée qui aura accueilli 400 personnes aura eu comme thème Harry Potter.

L’autodérision comme allié

Mario est un avide créateur de jeux de mots depuis toujours. Sa maladie n’a pas freiné sa frénésie, bien au contraire.

À ce sujet, sa tumeur porte affectueusement le nom de «LeBrain James» en référence au célèbre joueur de basketball.

«Ce n’est pas toujours évident d’en rire, surtout pour ma famille quand je pousse les blagues de maladie un peu trop loin, mais ça me fait du bien à moi et c’est surtout ça l’important.»

Depuis le début des traitements contre sa tumeur, Mario ne ressent pas les effets secondaires des traitements et de la médication.

«C’est ce qui me ‘’gosse’’ le plus en fait, de ne pas me sentir malade mais de me savoir condamné.»

Le jeune homme ne rate cependant jamais une occasion d’égayer son quotidien et par le fait même, celui de ses proches.

Un mariage, une séance photo... et un chiot

 

 

Une semaine après avoir fait connaitre son état auprès des siens, Mario et sa conjointe en ont profité pour accueillir un petit être qui leur ferait sans doute du bien en ces moments pénibles.

«Le chien, c’était un vrai coup de tête. J’étais sur Kijiji pour me trouver une chaise roulante quand j’ai vu sa photo» explique Mario.

Deux heures plus tard, il adoptait Jocelyn.

«On vous présente Jocelyn, 11 semaines, un petit bouledogue français qui ronfle et qui pète des catastrophes nucléaires!» écrit-il sur sa page Facebook.

 «BRAIN DMGD»

Dans la lignée de l’«urgence de vivre», Mario a eu l’idée de lancer sa propre marque de vêtements, BRAIN DMGD [Cerveau endommagé] grâce à un dessin réalisé par Karell Vadnais et destiné à être un tatouage.

«Son nom d’artiste, BettyBrain, contient le mot ‘’cerveau’’. Nous étions faits pour travailler ensemble!» lance-t-il.

Comme il n’a plus les capacités d’occuper un emploi, Mario a eu l’idée d’apposer l’illustration sur des vêtements et de les vendre, pour lui donner un coup de pouce financier.

En écrivant à plusieurs artistes pour qu’ils lui soumettent leur dessin personnalisé de cerveau en échange d’un crédit, la réponse a été immédiate.

«Je suis chanceux d’être aussi bien entouré. Je travaille conjointement avec la Johannaise, une entreprise locale dans St-Jean-sur-Richelieu, pour faire confectionner mes vêtements.»

Il envisage redonner une partie des profits à une fondation qui vient en aide aux enfants touchés par la même maladie que la sienne.

En attendant, Mario rit, blague et sème le bonheur autour de lui. Comme il l’a toujours fait.

Pour voir la collection BRAIN DMGD, rendez-vous sur Facebook.