/regional/montreal/montreal

Une coiffeuse au grand cœur pour les itinérants

Alex Drouin | Journal de Montréal

Une coiffeuse montréalaise qui a connu la pauvreté pendant quelque temps propose de coiffer uniquement des personnes défavorisées dans le cadre d’un projet afin de les aider à retrouver leur confiance en elles.

« Ils sont de véritables diamants bruts et je vois le potentiel qu’ils ont. C’est ce que je veux faire ressortir chez eux », lance Emmanuelle Bolduc.

La coiffeuse se promène dans les rues de Montréal depuis quelques mois afin d’offrir gratuitement des coupes de cheveux aux itinérants qu’elle croise sur son chemin.

« Une coiffeuse, c’est un peu comme un psychologue, mais avec moins d’études », plaisante-t-elle.

Jusqu’ici, celle qui travaille aussi dans un salon de coiffure estime avoir coupé les cheveux d’environ 150 sans-abri.

Renaître de ses cendres

La femme de 34 ans, qui est coiffeuse depuis environ 7 ans, travaille sur un projet de subvention qu’elle tente de faire approuver auprès de différents organismes afin de lui permettre de gagner sa vie en se consacrant exclusivement à la coupe de cheveux des personnes défavorisées.

Elle a nommé son projet « Phénix », puisque cet oiseau est connu pour renaître de ses cendres dans la mythologie grecque.

« Je peux les aider à [se] sentir beaux à l’extérieur », espère-t-elle.

Emmanuelle Bolduc n’a jamais vécu dans la rue, mais elle a eu recours à l’aide sociale au début de la vingtaine.

« J’ai vécu dans la précarité pendant environ un an et je me souviens avoir dû faire cuire mon Kraft Dinner dans une cafetière, car je n’avais pas de chaudron », évoque la coiffeuse.

L’Accueil Bonneau

Elle a donc frappé aux portes de plusieurs organismes de la métropole, dont celles de l’Accueil­­­ Bonneau, afin que son projet soit accepté.

En entrevue téléphonique, le chef de service de l’Accueil Bonneau, André Leroux, a indiqué que l’établissement avait tout ce qu’il fallait en matière d’équipement et d’espace pour accueillir une coiffeuse.

« Depuis deux ans qu’on a de la difficulté à trouver une coiffeuse et on se le fait demander souvent », assure M. Leroux. Il précise que les démarches de Mme Bolduc ne garantissent pas que son projet serait accepté, mais qu’il verrait d’un bon œil que l’établissement se dote d’une coiffeuse à temps plein.

« Lorsqu’ils se font coiffer, ça augmente leur confiance en eux et ça les aide à monter à la prochaine étape », soutient-il.