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Sami Bebawi coupable de fraude et de corruption

Jean-François Cloutier | Journal de Montréal

 L’ancien cadre de SNC-Lavalin Sami Bebawi a été reconnu coupable de tous les chefs d’accusation qui contre lui à son procès pour fraude et corruption. 

 Le jury, qui était séquestré depuis jeudi, a rendu sa décision dimanche matin au Palais de justice de Montréal. 

 Sami Bebawi, 73 ans, faisait face à cinq chefs d’accusation, dont corruption d’un agent public étranger, fraude et possession de biens volés. 

 
On reprochait notamment à Bebawi d’avoir participé au versement de pots-de-vin à Saadi Kadhafi, le fils du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, en échange de contrats pour l’entreprise de génie montréalaise. 

 Un yacht de 25 millions $ US avait notamment été offert au fils du dictateur après l’obtention d’un contrat d’un milliard $ pour SNC en Libye. 

 Le procès de Sami Bebawi s’est échelonné sur six semaines en novembre et décembre. 

 La Couronne a fait entendre plusieurs témoins, dont son témoin vedette, l’ancien cadre de SNC-Lavalin Riadh Ben Aïssa. 

 
D’autres ex-dirigeants de l'entreprise, un universitaire spécialiste de la Libye et des policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ont aussi été entendus. 

 Selon la thèse de la Couronne, Sami Bebawi ne pouvait pas ignorer le versement de pots-de-vin de plusieurs dizaines de millions en Libye en échange de contrats pour SNC-Lavalin. 

 À preuve, les aveux qu’aurait faits Bebawi à un policier de la Gendarmerie royale du Canada. Selon le policier, Bebawi lui aurait confié avoir été informé du projet d’achat d’un yacht pour Saadi Kadhafi par Ben Aïssa. 

 La défense, qui n’a pas présenté de témoins, avait plutôt mis l’accent dans sa plaidoirie finale sur des faiblesses dans le témoignage de Ben Aïssa qui selon elle, n’était pas crédible. 

 
D'après sa théorie, Sami Bebawi était tenu dans l’ignorance de beaucoup de choses qui se passaient en Libye. 

 C’est plutôt l’ex-PDG de SNC-Lavalin, Jacques Lamarre qui prenait les décisions, de concert avec Ben Aïssa, selon la défense. 

 Il reviendra maintenant au juge Guy Cournoyer de la Cour supérieure de déterminer la peine à subir pour Bebawi.