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Un cas de discrimination au Provigo dénoncé

Agence QMI

 La présidente de l'organisme Femmes autochtones du Québec (FAQ), Viviane Michel, a déploré qu'une caissière du Provigo Le Marché de Longueuil s'est montrée réticente à vendre de l'alcool à une amie de sa fille sous prétexte qu'elle est Autochtone.  

Dans une vidéo publiée samedi soir et visionnée des milliers de fois, Mme Michel raconte que l'amie de sa fille s'est présentée à la caisse avec de l'alcool, où elle s'est fait demander si elle est d'origine amérindienne. «La caissière lui a dit "il est interdit de vendre de l'alcool aux Amérindiens. Ce sont des consignes qu'on a eues"», a raconté Viviane Michel, qui a enregistré sa vidéo quelques minutes après son passage à la caisse. 

«Je suis vraiment en colère. [...] C'est vraiment discriminatoire!», a renchéri celle que l'on peut entendre discuter de la situation avec un gestionnaire qui était en poste samedi soir. 

 

 
En entrevue avec TVA Nouvelles, Mme Michel a précisé que l'amie de sa fille a finalement pu acheter de la bière. La présidente de la FAQ a pris connaissance de l'histoire lorsque sa fille et son amie sont sorties de l'épicerie et lui ont raconté ce qui venait de se produire, ce qui l'a décidée à aller confronter la caissière.

Mme Michel a indiqué qu'elle compte déposer une plainte à la Commission des droits de la personne. Elle affirme avoir filmé son échange avec la caissière, pour avoir des preuves afin d'étoffer sa plainte.

«S'il faut se battre, on se battra contre ça. Vous voyez, les formes de discrimination sont présentes partout, même au Provigo», a-t-elle déploré.

«On n'est pas rien qu'une gang d'alcooliques. On est des personnes civilisées», a ajouté la présidente de FAQ.

 Enquête interne  

La caissière aurait expliqué qu'elle tenait cette consigne du directeur de l'épicerie. Une version démentie par le directeur adjoint de l'établissement.

«Il n'y a pas de politique pour la vente d'alcool aux Amérindiens. On ne fait pas de discrimination ici», a assuré Kevin Osei, lorsque contacté par l'Agence QMI dimanche matin. Ce dernier était au courant de l'échange de samedi soir, mais cherchait encore à savoir exactement ce qui s'était produit.

La directrice principale aux Affaires corporatives et aux communications chez Les Compagnies Loblaw Limitée, la maison-mère de Provigo, a abondé dans le même sens en assurant elle aussi qu'il n'existe aucune politique visant les Amérindiens.

«Nous sommes en train de faire une enquête pour savoir ce qui a mené à ces allégations et ces accusations», a affirmé Johanne Héroux, en mentionnant notamment que des bandes vidéo ont été visionnées et que des employés - incluant la caissière - ont été rencontrés.

Sensibilisation

Dans un souci d'éducation, Viviane Michel, qui juge que le problème est relié à une caissière «d'un certain âge», plutôt qu'à la bannière Provigo, a indiqué à TVA Nouvelles vouloir offrir à cette femme le livre «Mythes et réalités sur les peuples autochtones» de Pierre Lepage, qui déboulonne plusieurs préjugés sur les Premières Nations.

L'Acte des Sauvages de 1876 interdisait aux Autochtones de s'enivrer à l'intérieur ou à l'extérieur d'une réserve et de posséder de l'alcool. Néanmoins, cette pièce législative discriminatoire a été abolie en 1951, il y a près de 70 ans.