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Une famille déménage à répétition à cause des enfants trop bruyants

Jean-François Desbiens | TVA Nouvelles

Une petite famille de Sherbrooke va devoir déménager pour une huitième fois en quatre ans parce que les voisins trouvent que les enfants sont trop bruyants.

Les parents sont au bout du rouleau.

L'un des enfants du couple est autiste. Ses crises dérangent les voisins au point où la famille est encore en train de faire ses boîtes puisqu'elle doit quitter son appartement  le 31 janvier. De plus, leur fille de huit ans est atteinte d'un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH).

Jennifer Boisvert et Charles Voisine ont appris à conjuguer avec les cris, les pleurs et sautes d'humeur du petit Brandon, cinq ans, qui souffre d'un trouble du spectre de l'autisme.

Ce n'est malheureusement pas le cas pour leurs voisins et leurs propriétaires locateurs.

Le couple a emménagé au rez-de-chaussée d'un duplex rue la Saint-Louis, à Sherbrooke, en février dernier. Un mois plus tard, il recevait une première plainte relativement au bruit excessif. La semaine dernière, leur propriétaire leur a acheminé par huissier une entente de résiliation de bail. Son locataire du logement au deuxième étage a quitté en raison du bruit et il ne trouve pas preneur pour le logement.

Ce sera un troisième déménagement en 18 mois pour la famille, toujours pour les mêmes raisons.

«On comprend que c’est difficile de vivre avec ça. Même nous, en tant que parents, c’est difficile. Ça fait que, j’imagine, les voisins, ça doit être plus difficile pour eux», a admis Jennifer Boisvert à la caméra de TVA Nouvelles, lundi.

Son conjoint en a ajouté : «On est tout le temps un pied dans la porte [à se demander] :’’on va-tu se faire mettre dehors?’’».

Conscients des troubles et inconvénients que les bruits peuvent causer, ils finissent toujours par obtempérer plutôt que contester devant la Régie du logement lorsqu’ils sont mis à la porte.

«On essaie de quitter pour ne pas créer de guerre, pas de chicane, et réduire notre stress aussi en tant que parents, a expliqué Mme Boisvert. On est épuisés, là. On ne sait plus où donner de la tête, là. Qu’est-ce que tu veux que je fasse de plus. Je fais de mon mieux en tant que mère.»

L'idéal pour eux serait d'avoir leur propre maison, mais ils n’en ont pas les moyens, surtout que M. Voisine a perdu son emploi en raison des problèmes liés à son enfant.