/news/politics

Les militants véganes veulent fonder un parti politique

Étienne Paré | Agence QMI

Joël Lemay / Agence QMI

Au moment où le ton commence à monter entre les producteurs de viande et les militants contre l’exploitation animale, certains activistes croient que l'heure est venue de fonder un parti politique, ce qui serait une première au Québec.

Le Parti animal Québec a déjà entamé les démarches auprès d’Élections Québec pour être officiellement reconnu en vue du prochain scrutin en 2022.

«Notre programme vise à faire reconnaître les droits des animaux au Québec et à encourager les partis [présents à l’Assemblée nationale] à établir une plateforme électorale à jour en matière de bien-être animal», a expliqué par courriel Mel-Lyna Cadieux, la chef de la formation politique qui avait été candidate du Parti vert lors des dernières élections provinciales.

Le groupe revendique déjà une centaine de membres. Parmi eux, Annick Dion, qui croit que l’exploitation animale devrait être complètement interdite au Québec à moyen terme.

«La viande, la fourrure, la laine... Peu importe, c’est de l’exploitation animale. Pourquoi les gens aiment leur chien, mais mangent du cochon? C’est contre ça qu’on milite», a poursuivi celle qui se décrit comme végane depuis un peu plus d’un an.

Lors des dernières élections européennes en France, un parti au discours semblable a récolté plus de 2 % des voix, un résultat bien au-delà des attentes de nombreux observateurs.

Une idéologie de plus en plus populaire

Ici, les antispécistes – ceux qui croient que la vie humaine n’est pas plus importante que celle des animaux – ont encore du chemin à faire avant d’en arriver là, en convient la chef du Parti animal Québec.

Samedi après-midi, ils étaient à peine une dizaine à avoir bravé le froid pour manifester devant la boutique montréalaise de Canada Goose, une entreprise qui est régulièrement la cible de militants pour ses manteaux de duvet et ses fourrures de coyote.

Bien que leur portée soit généralement limitée, ce genre de démonstration publique est toutefois de plus en plus fréquent dans la Belle Province, selon l’Union des producteurs agricoles (UPA).

Un constat que partage Richard Vigneault, porte-parole d’Olymel, dont l’usine de transformation de Saint-Esprit, dans Lanaudière, a été prise pour cible par des manifestants pas plus tard que vendredi.

«C’est sûr que ça a augmenté en général, a-t-il confié en entrevue téléphonique, samedi. Mais ça reste plus fréquent [dans les autres provinces].»

Prévenir une augmentation des coups d’éclat

La contestation devant Olymel s’est déroulée sans heurts, mais parfois les techniques des antispécistes sont plus provocatrices. Il y a deux semaines, des militants s’étaient introduits par effraction dans une porcherie de Saint-Hyacinthe, en Montérégie.

Dans la foulée, les Éleveurs de porcs du Québec ont écrit au gouvernement du Québec cette semaine pour que les amendes soient haussées dans les cas où l’on viole la propriété privée des producteurs, a-t-on confirmé à l’Agence QMI. Selon eux, les sanctions actuelles ne sont plus assez sévères.

Peu importe, ce coup d’éclat n’était pas le dernier. La Société de protection des animaux (SPA) promet un geste spectaculaire lundi, toujours devant la boutique Canada Goose du centre-ville.