/finance

Joyeux Noël des pétrolières

Cédérick Caron | Journal de Montréal

À la veille du congé des Fêtes, les automobilistes ont vu le prix de l’essence jouer au yo-yo lundi, si bien que certains penseront à magasiner leur station-service au moment de se déplacer vers la parenté.  

«Ce sont les raffineries qui se prennent une plus grande marge de profit en prévision des nombreux déplacements des Fêtes», constate le professeur de physique Normand Mousseau, qui dirige l’Institut de l’énergie Trottier à Polytechnique Montréal.Il précise que le prix du baril de pétrole n’a pas bougé dans les derniers jours et ne peut donc pas avoir d’influence sur le prix à la pompe.  

Dimanche, il était facile de trouver de l’essence à moins de 1,20 $ le litre dans la grande région de Montréal. Lundi matin, c’était une tout autre histoire. Selon CAA Québec, le prix du litre variait entre 1,19 $ et 1,29 $ dans la métropole et entre 1,12 $ et 1,22 $ dans la région de Québec.   

Par exemple, à Boisbriand sur la Rive-Nord de Montréal, l’essence a fait un bond de 6 ¢ en moins de 24 heures, passant de 1,20 $ dimanche après-midi à 1,26 $ lundi matin.  

Réfléchir avant de partir  

Les automobilistes rencontrés autour des pompes à essence avaient tous le même raisonnement. Oui, ils songeront au prix de l’essence au moment de planifier leurs déplacements, mais cela ne devrait pas les empêcher d’aller visiter parents et amis.  

«Avec un VUS pour déplacer la famille, c’est certain qu’on y réfléchit à deux fois [avant de prendre la route]. Par contre, mon Pathfinder consomme déjà moins que la Caravan que j’avais avant», mentionne Pascal Chabot qui terminait de remplir le réservoir de son autre véhicule, plus économique, une Smart.  

Toujours pareil  

«Je ne suis pas surpris, poursuit l’homme originaire de Terrebonne. C’est toujours comme ça avant un long congé ou une fête. Soudainement, le prix augmente.»  

Si les coûts semblaient un peu plus stables dans les couronnes lundi, il fallait magasiner sa station-service à Montréal.  

Pendant que le litre se vendait 1,26 $ à l’angle de la rue Ontario et de l’avenue Papineau lundi matin, il se détaillait à 1,24 $ à un kilomètre de là au coin de l’avenue de Lorimier et du boulevard de Maisonneuve Est.  

Plus à l’ouest, sur le chemin de la Côte-des-Neiges, le prix affiché était de 1,28 $.  

Le litre d’essence se vendait 1,28 $ au Esso du chemin de la Côte-des-Neiges (en mortaise).

Photos courtoisie Cédérick Caron et Pierre-Paul Poulin

Le litre d’essence se vendait 1,28 $ au Esso du chemin de la Côte-des-Neiges (en mortaise).

Le fait que le prix de l’essence variait de la sorte lundi a un peu surpris M. Mousseau, qui voit le tout comme un exemple de concurrence.  

«C’est bon signe, mais ça ne durera pas», affirme celui qui a coprésidé la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec en 2013. Le prix devrait se stabiliser, mais ne devrait pas vraiment redescendre avant le début du mois de janvier », prédit M. Mousseau.  

«Comme automobiliste, c’est ce qu’on souhaite [de la concurrence]. Ça nous incite à magasiner», soutient le conseiller en communication de CAA-Québec, Pierre-Olivier Fortin.  

Pour réduire sa consommation d’essence et donc économiser à la pompe, M. Fortin suggère entre autres d’éviter les accélérations brusques, d’enlever tout poids inutile et de ralentir.  

  


Lundi, le prix réaliste du litre d’essence ordinaire selon les indicateurs du marché était de 1,26 $ à Montréal selon CAA-Québec.  

34 cents d’écart en 2019    

  • Prix le plus élevé 1,44 $ (24 avril)   
  • Prix le plus bas 1,10 $ (31 janvier)    

*Source : Régie de l’énergie