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Ils se retrouvent 35 ans après leur correspondance

Alex Drouin | Journal de Montréal

Une Québécoise et un Africain qui ont correspondu des années quand ils étaient à l’école primaire se sont retrouvés 35 ans après s’être écrit leur dernière lettre. 

« C’est le genre d’histoire qui n’arrive que dans les films et qu’on ne croirait jamais qui nous arriverait », s’emballe Dinesh Jaypal. L’homme de 55 ans a quitté l’île Maurice pour s’établir au Canada en 2005, plus précisément à Winnipeg. 

Quatorze ans plus tard, il l’a retrouvée quand il a fait la rencontre d’une personne qui la connaissait. 

« Je suis très heureuse qu’il m’ait retrouvée et je ne veux plus perdre contact avec lui », lance Annie Vézina, 54 ans, originaire de Saint-Louis-de-Blandford, près de Victoriaville. 

Lorsqu’ils étaient à la fin de l’école primaire, le Mauricien et la Québécoise ont entretenu une correspondance en s’écrivant des lettres, comme plusieurs écoliers des années 1970 et 1980 le faisaient à cette époque. 

« On parlait de notre école, de ce qu’on y apprenait et de ce qu’on faisait de bon dans la semaine », se souvient Mme Vézina. 

« On discutait bien évidemment de notre culture, mais aussi de sport, car on en faisait tous les deux, ajoute M. Jaypal. D’ailleurs, c’est elle qui m’a fait découvrir la Saint-Valentin, car c’était une fête qui n’existait pas chez nous ». 

Cette relation a duré un peu moins de 10 ans. Les aléas de la vie ont fait en sorte qu’ils se sont perdus de vue. 

M. Jaypal devait payer 3 $ pour envoyer une lettre au Canada, lui qui gagnait 25 ¢ par jour lorsqu’il était plus jeune. 

Détermination payante 

En entrevue téléphonique avec Le Journal, l’analyste financier a raconté que lorsqu’il croisait sur sa route un touriste canadien dans son pays, il lui demandait s’il connaissait une Annie Vézina ou du moins, la ville où elle demeurait. 

« C’est grâce à elle que j’ai appris le français et que je suis tombé amoureux de cette langue », soutient celui qui a une maîtrise en langue française et dont la langue d’origine est le créole. 

« C’est comme si je lui avais donné un cadeau sans m’en rendre compte », se targue son amie, qui travaille aujourd’hui dans la restauration. 

Malgré ses recherches sur les réseaux sociaux, Dinesh Jaypal n’avait jamais pu retrouver sa correspondante d’enfance... jusqu’à un coup du destin. 

Belles retrouvailles 

Le mois dernier, le hasard a fait en sorte qu’il croise sur sa route une personne qui demeurait dans la même ville que son amie.  

Fidèle à son habitude des trois dernières décennies, il lui a demandé s’il connaissait une Annie Vézina. Ce dernier a répondu que sa conjointe travaillait avec elle et a aidé le Canadien d’adoption à la trouver. 

« Lorsqu’il m’a appelée, je n’arrivais pas à y croire », s’est-elle réjouie. 

« Il m’a simplement dit que c’était Dinesh. J’ai aussitôt demandé si c’était Dinesh Jaypal, puis il a crié de joie », ajoute-t-elle encore étonnée de ces retrouvailles. 

Ce soir-là, les deux « vieux » amis se sont parlé pendant un peu plus d’heures en se racontant leur vie des 35 dernières années. Depuis, ils se textent régulièrement et se rencontreront pour la première fois ce printemps.